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Je m'appelle Vivien Feasson alias Mangelune (mon nom de plume en quelques sortes).

Je suis "métiers du cinéma" de formation. Ca ne veut rien dire et c'est normal, grâce à mes études je ne peux en effet exercer aucun mêtier véritable. Disons que je suis auteur-scénariste-réalisateur en devenir, en attendant le jour où on me fera confiance.

J'aime la fiction sous toutes ses formes, du livre au cinéma en passant par la télévision, et le jeu de rôles.

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Dimanche 27 janvier 2008
Je n'aimerais pas être journaliste en France aujourd'hui. Enfin si, c'est un métier qui m'attire, mais si je l'étais je me sentirais assez mal devant les charges permanentes que subit la profession, principalement pour tout ce qui touche à la politique intérieure.

Jamais le gouvernement ne m'a paru si décontracté face au fourmillement de ces gêneurs. Désormais, la moindre question pénible est balayée comme "stupide", "n'intéressant pas les Français" (oui ce fameux monobloc Français que tout le monde s'approprie). On donne dans le "si ça vous amuse de croire ça", dans le "heureusement que tout le monde ne pense pas comme vous". Une blague et on repart, le journaliste n'est plus le porte parole de quoi que ce soit mais le bouffon venu mettre en valeur la spiritualité de l'homme politique (tant que ce dernier est au pouvoir, donc courtisé ; les membres de l'opposition sont en effet plus sérieux car en demande de temps de parole).

On assiste au déploiement d'un véritable cercle vicieux du journalisme. D'un côté un développement de l'aspect paillettes de la politique, habituellement réservé au star system. Mettez cela en parallèle avec la concurrence des journaux télévisés en termes d'audience, qui entraîne un besoin de documents chocs faisant appel non au cerveau du spectateur (ou organe chiant) mais à son coeur (ou organe glamour).  Le journaliste n'est donc plus là pour décrypter l'information mais pour relayer les rumeurs, faire l'écho des querelles, des divorces et des mariages. Dès lors, le journaliste cesse d'être un spécialiste, un intellectuel pour devenir un voyeur. En tant que tel, il n'est plus respectable, ce qui permet au politique de le rabrouer aussi souvent que possible (en effet l'homme politique qui se prête au jeu du voyeurisme nie vouloir une telle situation et garde donc une certaine probité de façade).

Ajoutez en périphérie le rachat de la plupart des journaux  par de grands groupes industriels (quand bien même la rédaction demeurerait indépendante), et les coups de butoir permanents des organes satyriques (les Guignols de l'Info assimilent par exemple information télévisée et presse papier dans un grand groupe uniforme, les renvoyant dos à dos par manque de clarté), et vous comprendrez que les choses vont assez mal.

Il est donc temps de différencier journaux soumis à la sentimentalisation et journaux réflexifs, de s'indigner devant le comportement méprisant de nos gouvernants à l'égard de la presse, et donc de ne pas sombrer d'avantage dans l'apathie intellectuelle que voudrait nous imposer un pan de notre société. Les faits divers ne sont pas des informations primordiales, la vie privée de nos dirigeants est intéressante sociologiquement mais ne constitue pas une donnée essentielle, et les débats de société sont plus faciles à suivre à 20h30 qu'à 1h du matin.
par Mangelune publié dans : Politique
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Samedi 17 novembre 2007
Semaine de grèves pour tout le monde.

Grève des cerveaux en fait, ou comment manipuler l'opinion en faisant de revendications sociales importantes une somme de faits divers. Tous les jours, sur toutes les chaînes, toutes les éditions, on ne parle que de la "galère des usagers" pris en otages par les égoïstes qui refusent l'équité. Le tout avec force interviews de personnes tantôt en colère, tantôt désabusées, tantôt débrouillardes. Des grévistes on ne retiendra que ces votes à mains levées indiquant la reconduction du mouvement.

Quid des revendications, du fond ? Rien. Il est surprenant de constater qu'en dépit de la quantité d'images déversées on ne sait finalement que très peu de choses. Les cheminots veulent conserver leurs acquis, les étudiants s'opposent aux réformes des universités en bloquant contre l'avis de leurs camarades les facs. Rien sur les réalités complexes des salaires, des primes et des montants des retraites. Que les choses sont simples, vues par la lorgnette du petit écran et du gouvernement.

Etrangement, l'égalité est une chose à géométrie variable. Pour les travailleurs, elle consiste à se calquer sur le privé qui n'ose que rarement protester (pour le moral de ces derniers, il est d'ailleurs plus flatteur de se dire qu'on a voulu cette baisse du niveau de vie et non qu'on n'a aucun pouvoir sur la société) ; pour les plus riches, il s'agit par exemple de hausser le salaire du président au niveau du premier ministre. Comme toujours les concepts fondamentaux sont à double facette et peuvent ainsi être utilisés suivant le message à passer. Si un euro dépensé doit être un euro utile, doit-on en conclure que le pouvoir d'achat d'un petit nombre est plus utile que la qualité de vie des autres ?

Les parasites égoïstes pour le peuple, le prestige pour les nantis, deux arguments simples qui encore une fois ont fait leurs preuves.
par Mangelune publié dans : Politique
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Jeudi 25 octobre 2007
Elle était facile celle-là.

Ceci dit il y a quand même quelque chose de ridicule dans ce soudain engouement pour le petit Guy, fusillé par les nazis après dénonciation, communiste de surcroit, et qui avait écrit une digne et belle lettre à sa famille avant de mourir.

Car enfin dans quel but instaurer cette journée de lecture ? Pas mal de gens ont voulu la replacer dans son contexte, à savoir l'Occupation et ce qu'elle implique de dénonciations et de collaborations coupables, d'autres ont refusé ce qu'ils considéraient comme une manoeuvre de récupération.

Il faut dire que le président de tous les Français n'y était pas allé de main morte : il avait sorti ça comme une envie de pisser, s'était mis à écraser de grosses larmes, à vouloir l'imposer à tous... pourquoi ? Pour qu'on se souvienne des horreurs de l'Occupation, du nazisme, de la Collaboration ? Evidemment non.

Il s'agit là seulement de la campagne de remise en forme de la nation qui continue. Après le travail remis au goût du jour, après la patrie rassérénée (aimez-la ou quittez-la, mettez des drapeaux à vos fenêt- oups ce n'est pas de lui ça), voici venir la famille réconciliée (mon petit papa, ma petite maman, etc.). Toutes ces valeurs ne sont pas en soi honteuses, par contre le fait de les instaurer de nouveau comme les vaillants piliers d'une France revigorée... La révolution rétrograde poursuit sa course. Le but serait-il en fait d'éduquer différemment nos enfants, menacés par le couple gay, par la monoparentalité, par les polygames, par la loi des cités ?

Les hommes politiques suivent-ils le vents ou en croyant le voir souffler ne font-ils que le créer artificiellement ? Toujours est-il que nous nous retrouvons cernés par des archaïsmes vivifiés, tandis que tout ce qui fut acquis dans la douleur se voit qualifié de has been.

Heureusement que nous avons un président divorcé, ça nous permet de ne pas nous croire retournés au 19ème siècle. A moins que comme toujours les valeurs prônées ne soient encore une fois réservées à la base ? Aux riches les remariages somptueux, aux pauvres les familles unies et fières ?
par Mangelune publié dans : Politique
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Mercredi 4 juillet 2007
La voilà la fameuse loi sur les mineurs, avec peines plancher et tout, présentée comme un durcissement de la punition des délinquants multi-récidivistes. Pourquoi ? Pour dissuader les autres ; parce qu'une victime se moque de l'âge de son agresseur ; parce que l'angélisme de gauche (ou de droite vieillote) c'est fini ; parce que les mineurs sont désormais aussi odieux que les majeurs ; pire même, les majeurs utilisent souvent les mineurs pour commettre leurs crimes odieux en toute impunité !

Si on examine et on écoute ça et là les critiques, on trouve un autre visage :
- La suppression de l'excuse de minorité ne concerne que les crimes graves (meurtre, viol etc.). Pas sûr que les banales agressions, souvent verbales, qui ont motivé l'élection de notre nouveau champion soient donc touchées. En plus, on ne connaît pas le nombre de criminels visés ce qui fait potentiellement de cette partie quelque chose qui ne concerne pas grand monde. Le plus drôle étant que la possibilité de suppression de l'excuse de minorité pour crime grave existe déjà dans la loi.
- La loi des peines plancher n'a pas un caractère obligatoire, elle oblige seulement le juge à expliquer sa décision par écrit (là où il devait auparavant expliquer l'incarcération). C'est donc aux juges de décider quoi faire... comme avant.

En gros rien ne change, sauf le principe. On passe d'une justice où l'incarcération doit être le dernier recours à une justice où la non-incarcération doit être le dernier recours. Ce n'est donc pas une loi qui donne de nouveaux moyens à la justice mais qui lui envoie un nouveau message.

Attaquons maintenant la partie philosophique de la loi :
- Tout d'abord, partir du principe qu'un enfant délinquant doit être emprisonné est contraire aux droits de l'enfant.
- L'intimidation : pourquoi un meurtrier ou un violeur serait-il intimidé par une telle loi ? Les mineurs violeurs se posent-ils la question de leurs droits avant de commettre leur délit ? L'excuse de l'intimidation a toujours prouvé sa vacuité. Il faut donc chercher la raison ailleurs...
- La prévention : durcir la punition du récidiviste, c'est éviter qu'un individu commette plusieurs fois le même crime et retourne toujours à la liberté. C'est aussi faire croire qu'un juge ne prend jamais en compte les crimes précédents de l'accusé, ce qui n'est évidemment pas le cas. Il faut donc chercher la raison ailleurs...
- La punition ! Mais oui voilà la raison, on la trouve même dans la bouche de notre président : une victime se soucie-t-elle de l'âge de son agresseur ? C'est dit, la justice n'a pas vocation a préserver la paix et assurer sa pérénité, elle a vocation à punir pour alléger le coeur de la victime, et par là même, de l'opinion publique. Car l'opinion a soif de sang. Envoyer un criminel en prison c'est souvent l'installer dans un cycle de criminalité sans fin. Pourquoi l'y envoyer alors, plutôt que de créer des écoles spécialisées ? Pour que l'opinion publique sache que les criminels sont punis et qu'ils souffrent entre quatre murs. Mais de façon humaine. Mais pas trop non plus. Enfin bon on jongle avec l'opinion quoi. Reprendre l'éducation d'un enfant, c'est affirmer son propre statu de victime. Et pour N. Sarkozy, un bourreau n'est en aucun cas une victime, il n'existe aucune perméabilité. Je vais d'ailleurs, en passant, éviter une remarque acerbe sur les gènes des bourreaux qui les prédestinent peut-être au crime impliquant qu'un assassin ne sera jamais réhabilité, ça laisserait une solution trop amère...


Bref voilà une loi qui n'a qu'un but : changer le message adressé à la justice. On ne part plus du principe qu'un enfant délinquant peut être remis sur le droit chemin, ou bien on se dit que si il peut l'être il doit l'être très vite parce que la justice n'a pas que ça à faire et que l'angélisme ça va bien deux minutes.
Fin de la justice réparatrice, qui punit mais en même temps essaie aussi de re-conformer le criminel. Comme la société semble désormais incapable de récupérer ses enfants turbulents (que ce soit vrai ou pas, les gens le croient désormais), on essaie maintenant de les enfermer le plus longtemps possible. Donc de les faire disparaître. Donc de les tuer, symboliquement. Pour le moment...
par Mangelune publié dans : Politique
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Mardi 19 juin 2007
Tout y était : suspense, surprise, un héros à genoux (le scénariste avait d'ailleurs bien joué son coup, à aucun moment on ne croyait qu'il allait se relever), un retournement de situation, une tragédie amoureuse, des manoeuvres diaboliques et la chute d'un grand méchant plein de classe... Pourtant ce n'était pas Dallas mais les élections législatives.

Tout d'abord le plus drôle : la chute de Juppé. Avait-il vraiment envisagé une défaite avant de se présenter ? J'en doute au vu de la chute. En dépit de son intelligence et son talent, c'était pour moi le symbole de l'arrogance politique. Il s'était fait condamner à une peine ridicule en appel (évidemment), partit vivre une nouvelle vie à l'étranger, revint, fit démissionner le conseil municipal de Bordeaux pour retrouver sa place comme si de rien n'était, arriva au gouvernement en se prétend écologiste nouvellement convaincu, et visa enfin une place de député. Le tout en même temps ! Votez pour moi, je mettrai quelqu'un d'autre à la place et si je perds un boulot vous m'aurez offert une jolie assurance. Ouf certains ont fini par craquer et ont profité que les autres croient le meilleur d'entre nous indéboulonnable au point de ne pas aller voter. Heureusement pour lui que les députés UMP étaient là pour nous culpabiliser de son échec ! Une grande perte pour la France qu'ils disaient...

Ensuite la victoire de la gauche (je sais c'est exagéré mais bon). Amusant de voir comment une simple allusion à la TVA peut braquer les électeurs. A moins qu'à force de répéter en coeur avec les médias que le tsunami bleu arrivait, les gens légèrement à gauche n'aient fini par se vexer et ceux légèrement à droite par croire le deuxième tour acquis ? Ce serait donc encore une fois le matraquage médiathique qui serait à l'origine de ce revirement ?
Quand à l'idée d'un jeu sur la TVA, l'idée peut être intéressante mais le principe de chèque en blanc signé à N. Sarkozy s'est enfin vu aposer des limites. Car les idées du gouvernement ayant le plus de potentiel sont aussi les plus dangereuses (franchise, contrat unique, TVA...). Je respire un peu maintenant qu'une opposition possible existe, même s'il lui aura fallu jouer sur l'exagération pour pouvoir convaincre des gens un peu bêtes (ceux qui applaudissent quand on leur promet moins d'impôt et qui gueulent quand on leur en propose plus, et ce quel que soit le fond).

Enfin le plus beau, la rupture du couple de tête du PS annoncée en pleins résultats électoraux. Après avoir juré que la vie privée n'entrait pas en ligne de compte en politique et avoir lancé un procès sur ce thème, on apprend que finalement S. Royal avoue tout et officialise la rupture, tout en préparant la prise de contrôle du PS. L'amour n'est décidément qu'une donnée de plus dans la longue course au pouvoir.

Heureusement, pendant ce temps les ténors socialistes continuent de parler de rénovation et de responsabilité devant les caméras. "Il ne faut pas parler de la réforme, il faut la faire"... disait D. Strauss-Kahn pour la centième fois en public. Ca promet.
par Mangelune publié dans : Politique
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