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Bienvenue sur mon blog

Je m'appelle Vivien Feasson alias Mangelune (mon nom de plume en quelques sortes).

Je suis "métiers du cinéma" de formation. Ca ne veut rien dire et c'est normal, grâce à mes études je ne peux en effet exercer aucun mêtier véritable. Disons que je suis auteur-scénariste-réalisateur en devenir, en attendant le jour où on me fera confiance.

J'aime la fiction sous toutes ses formes, du livre au cinéma en passant par la télévision, et le jeu de rôles.

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Jeudi 10 janvier 2008
Une méthode narrative quasi inexistante dans les films et absente de beaucoup de séries, notamment françaises, est le traitement psychologique par le biais des histoires.

Dans les récits intimistes et psychologiques, le personnage vit son quotidien comme une situation bancale, imparfaite. Quelque chose cloche. Une méthode classique consiste alors à le regarder évoluer comme un mort vivant, s'enfoncer dans la douleur, rejeter peu à peu ce qui l'entoure, changer de vie pour finalement revenir au statu quo ou bouleverser ses habitudes à jamais. Nous suivons le protagoniste dans ses errances et restons collés à ses basques du début à la fin.

Le "traitement par les histoires" est lui typiquement lié aux séries comme Urgences ou Six Feet Under : les protagonistes exercent un métier qui les met en relation avec d'autres personnes, des "gens de passage" qu'on n'apprend à connaître que le temps d'un épisode. Ces "passants" ont tous une histoire à raconter, une histoire sans lien direct avec nos héros dont le rôle est simplement d'écouter et de comprendre.

C'est alors que les récit se télescopent, que les micro-histoires entrent en résonnance avec le grand arc de la série. Il n'y a là aucune gratuité, c'est par ce biais que les héros apprennent à se comprendre eux-mêmes ; les petites histoires servent à la fois à définir l'état d'esprit dans lequel ces derniers se trouvent, à en tirer un enseignement et à prendre des décisions en conséquence.

Ainsi, au lieu de suivre de façon pesante un personnage dans ses questionnements (sachant que le cinéma est un art du montré plus que du pensé contrairement à la littérature), le scénariste lui (et nous) offre une sorte de miroir déformant de sa propre situation via une petite intrigue secondaire qui, sans être tout à fait similaire, le renvoie à ses pensées et le force à avancer.
par Mangelune publié dans : Séries
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Lundi 3 décembre 2007

Un article pour parler (très) rapidement de la culture geek et surtout de son impact de plus en plus important sur la culture.

Pour aller très vite, le geek n'existe pas en soi, c'est une catégorie qui contient autant de prétendants que de différences. S'il fallait tirer son portrait grossièrement, je dirais qu'il s'agit de cet éternel adolescent fan de Star Wars, de jeux de rôles, de figurines, de jeux vidéos, de cinéma de genre et de toute cette sous-culture qui lui a valu très jeune la réputation d'être un puceau farfelu dans les cours de récréation.

Seulement voilà, la génération geek à laquelle j'appartiens a vieilli. Elle a désormais trente-quarante ans, s'est installée, a des enfants et travaille. Certains ont totalement abandonné leurs amours d'antant mais beaucoup sont restés les passionnés qu'ils étaient hier. Et quelques uns se sont lancés dans le cinéma et la télévision, comme Sam Raimi, Peter Jackson, Quentin Tarantino ou Joss Whedon (le créateur de Buffy). Voir le Seigneur des Anneaux au cinéma est un rêve de geek devenu réalité, et chaque nouveau film de geek montre à ceux qui se voient souvent comme des gosses un peu honteux qu'il leur est possible de vivre sans se renier et même que sous-culture et fiction font bon ménage, y compris auprès de ceux qui ont toujours pris soin d'éviter les loosers boutonneux. A l'heure où le destin de chacun est de travailler plus pour sauver l'économie, certains aspects de la "geek-culture" ont quelque chose de rafraichissant.

Si on excepte les gros réalisateurs mastocs, l'équipe la plus marquante à mes yeux est celle de Edgar Wright/Simon Pegg/Nick Frost, créateurs de la série Spaced (peu connue en France), de Shaun of the dead et de Hot Fuzz. Spaced mériterait un article à elle seule, montrant le quotidien de deux colocataires et de leurs amis sur 12 épisodes de 20' et usant d'une mise en scène référentielle, dynamique et hautement expressive.


En France, j'ai découvert cette semaine Nerdz, diffusé sur No-life TV et édité en DVD. Sorte de caméra café des geeks, on y découvre le quotidien de Dark64 l'accro aux jeux vidéos et de ses collocataires loufoques. Une série sympathique bien que trop "amateur" pour justifier l'achat du DVD ; à surveiller néanmoins en espérant qu'ils accèdent à d'avantage de moyens à l'avenir.

Pour finir, mentionnons Suck my geek un documentaire sorti sur Canal+ cette semaine, par des geek sur les geek. Je n'ai pas eu la chance de le voir mais sa diffusion montre bien un très léger changement de mentalités dans notre pays vis à vis de cet étrange animal, banni depuis trop longtemps de la contrée de l'exception culturelle.
par Mangelune publié dans : Séries
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Mercredi 28 novembre 2007
Aujourd'hui place du Trocadéro, pile poil en face de la Tour Eiffel ont manifesté les scénaristes de l'UGS et leurs soutiens (dont quelques wanna be scénaristes comme moi, ça fait de la masse dans le fond de l'écran). L'objectif : soutenir la grève des writers américains et faire entendre notre voix alors que les chaînes hexagonales envisagent de baisser leurs contributions à la fiction originale française.

Bon un soutien aux scénaristes américains c'est gentil, mais compte tenu du statut du scénariste ici c'est un peu comme si les ouvriers d'un pays pauvre s'insurgeaient contre les délocalisations en France. Nos homologues américains, par le biais de l'obligation de syndicalisation, ont un pouvoir dont on ne rêverait même pas ici. Le but était donc essentiellement d'utiliser le mouvement étranger pour mettre un coup de phares sur la France. Il n'y a aucun mal à ça, mais ça va mieux en le disant.

Edition du lendemain : pas vu de sujet sur les journaux TV hier soir, il paraît qu'ils en ont parlé dans la Matinale de Canal+, j'espère qu'ils le mentionneront ailleurs parce que c'est pas encore brillant. Marc Jolivet était venu nous soutenir (il me semblait bien l'avoir reconnu).

Enfin voici un endroit où trouver des photos de la manif : http://completementmarteau.hautetfort.com/archive/2007/11/29/j-etais-la.html
par Mangelune publié dans : Séries
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Vendredi 23 novembre 2007
Et ça continue !

Déjà une nouvelle fois via Libération avec le texte repris dans la rubrique Ecrans de leur site :
http://www.ecrans.fr/Tele-soupcon-de-coup-fourre,2629.html
et
http://www.ecrans.fr/Les-obligations-des-chaines,2630.html

Ensuite par le biais de l'intéressante émission de France 3 "Ce soir ou jamais" dans son édition du 21 novembre :
http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/article.php?id_article=352&id_rubrique=159

Alors dans cette dernière on trouvera pas mal d'approximations, des contradictions mais aussi des éléments d'information pour qui connaît mal les difficultés de la fiction française et les risques de la critique. Car en voulant une meilleure qualité hexagonale on se doit de critiquer ce qui existe, offrant ainsi un moyen aux chaînes d'au contraire se défaire de toute création de qualité ! Ils peuvent être très forts quand il s'agit de gagner de l'argent avec peu.
par Mangelune publié dans : Séries
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Mercredi 21 novembre 2007
Lu dans Libération aujourd'hui :

L’Union-Guilde des Scénaristes
QUOTIDIEN : mercredi 21 novembre 2007

La grève des scénaristes américains, mondialement médiatisée, met en lumière l’importance d’un métier dont dépend toute une industrie. Pendant ce temps, de ce côté de l’Atlantique, nous subissons une campagne de dénigrement savamment orchestrée qui voudrait faire croire que la fiction française est en crise et que les scénaristes français sont des incapables. Pourquoi ces bruits imbéciles ?

La réponse est simple. Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. Le but ? Faire baisser les obligations des chaînes privées et détruire le système de quotas d’œuvres originales en langue française auquel elles sont soumises. Car cette campagne de dénigrement, qui dure depuis plusieurs mois, est aujourd’hui suivie d’une offensive des chaînes privées contre leurs obligations. Cette offensive, soutenue par le gouvernement, a fait bondir leurs actions de 20 %. Produire français coûte plus cher que d’acheter à bas prix des séries américaines déjà amorties sur leur territoire. Il s’agit donc de détruire tout un secteur de notre industrie pour le profit immédiat et à court terme de quelques actionnaires. C’est cela la vérité, il est important de la dire. Est-ce cela la réalisation des promesses du gouvernement ?

Un peu d’histoire : l’Etat a privatisé des chaînes et leur a concédé gratuitement l’utilisation de canaux de diffusion, à condition qu’un pourcentage de leur chiffre d’affaires (16 % pour TF1) soit investi dans la création et la production d’œuvres originales. Des canaux bonus sur la TNT ont été attribués récemment et gratuitement aux mêmes chaînes, auxquels s’ajoute l’ouverture de secteurs jusque-là interdits à la publicité, comme la grande distribution. En sept ans, TF1 a vu son chiffre d’affaires augmenter de 43 % ; M6, de 104 % ! On pourrait logiquement penser que le gouvernement renforcerait leurs obligations en proportion des avantages concédés. Il n’en est rien. Il faut dire que certains décideurs de l’audiovisuel sont des amis de longue date du président de la République. Il est permis de s’inquiéter de ces liens amicaux dans les circonstances actuelles.

La pseudo-«crise» de la fiction française se cristallise autour de quelques séries dont l’Audimat est décevant. On évite soigneusement de parler des succès. Prenons le programme de cette dernière semaine : le Lien, le Pendu, Guerre et paix ont connu des audiences magnifiques. Quant aux séries, qui n’a pas vu Clara Sheller, Avocats et associés,Plus belle la vie, Kaamelott, les Bleus ? Il faut poser les vraies questions avant de désigner des coupables. Clouer les scénaristes français au pilori pour casser la réglementation est facile. Ni salariés ni intermittents du spectacle, ils ont une profession mal connue et peu défendue. Ils n’ont pas d’amis dans les instances qui gouvernent. Ils n’ont pas non plus de places dans les instances qui décident de la fiction, qui la commandent et qui la programment. Ils ne sont que rarement cités dans les programmes qui annoncent les films qu’ils ont écrits. L’attaque dont ils sont aujourd’hui la cible n’est qu’un écran de fumée qui masque ce qui se trame en coulisses… Sur la scène internationale, la France défend depuis des années la diversité culturelle, la circulation des œuvres, le droit de chaque pays à avoir une expression propre et donc une production propre. Si nos élus baissent les quotas et les obligations de production, cela signifierait la mort de tout un tissu industriel et de tout un pan de notre culture vivante.

Face à ces manipulations grossières, il s’agit de défendre notre culture et le respect de l’identité des spectateurs à travers les fictions. En un mot il s’agit d’exister.

Une manifestation des scénaristes est également prévue le 28 novembre.
par Mangelune publié dans : Séries
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