Une méthode narrative quasi inexistante dans les films et absente de beaucoup de séries, notamment françaises, est le traitement psychologique par le biais des histoires.
Dans les récits intimistes et psychologiques, le personnage vit son quotidien comme une situation bancale, imparfaite. Quelque chose cloche. Une méthode classique consiste alors à le regarder évoluer comme un mort vivant, s'enfoncer dans la douleur, rejeter peu à peu ce qui l'entoure, changer de vie pour finalement revenir au statu quo ou bouleverser ses habitudes à jamais. Nous suivons le protagoniste dans ses errances et restons collés à ses basques du début à la fin.
Le "traitement par les histoires" est lui typiquement lié aux séries comme
Urgences ou
Six Feet Under : les protagonistes exercent un métier qui les met en relation avec d'autres personnes, des "gens de passage" qu'on n'apprend à connaître que le temps d'un épisode. Ces "passants" ont tous une histoire à raconter, une histoire sans lien direct avec nos héros dont le rôle est simplement d'écouter et de comprendre.
C'est alors que les récit se télescopent, que les micro-histoires entrent en résonnance avec le grand arc de la série. Il n'y a là aucune gratuité, c'est par ce biais que les héros apprennent à se comprendre eux-mêmes ; les petites histoires servent à la fois à définir l'état d'esprit dans lequel ces derniers se trouvent, à en tirer un enseignement et à prendre des décisions en conséquence.
Ainsi, au lieu de suivre de façon pesante un personnage dans ses questionnements (sachant que le cinéma est un art du montré plus que du pensé contrairement à la littérature), le scénariste lui (et nous) offre une sorte de miroir déformant de sa propre situation via une petite intrigue secondaire qui, sans être tout à fait similaire, le renvoie à ses pensées et le force à avancer.
par Mangelune
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