La psychologie par les histoires

Publié le par Mangelune

Une méthode narrative quasi inexistante dans les films et absente de beaucoup de séries, notamment françaises, est le traitement psychologique par le biais des histoires.

Dans les récits intimistes et psychologiques, le personnage vit son quotidien comme une situation bancale, imparfaite. Quelque chose cloche. Une méthode classique consiste alors à le regarder évoluer comme un mort vivant, s'enfoncer dans la douleur, rejeter peu à peu ce qui l'entoure, changer de vie pour finalement revenir au statu quo ou bouleverser ses habitudes à jamais. Nous suivons le protagoniste dans ses errances et restons collés à ses basques du début à la fin.

Le "traitement par les histoires" est lui typiquement lié aux séries comme Urgences ou Six Feet Under : les protagonistes exercent un métier qui les met en relation avec d'autres personnes, des "gens de passage" qu'on n'apprend à connaître que le temps d'un épisode. Ces "passants" ont tous une histoire à raconter, une histoire sans lien direct avec nos héros dont le rôle est simplement d'écouter et de comprendre.

C'est alors que les récit se télescopent, que les micro-histoires entrent en résonnance avec le grand arc de la série. Il n'y a là aucune gratuité, c'est par ce biais que les héros apprennent à se comprendre eux-mêmes ; les petites histoires servent à la fois à définir l'état d'esprit dans lequel ces derniers se trouvent, à en tirer un enseignement et à prendre des décisions en conséquence.

Ainsi, au lieu de suivre de façon pesante un personnage dans ses questionnements (sachant que le cinéma est un art du montré plus que du pensé contrairement à la littérature), le scénariste lui (et nous) offre une sorte de miroir déformant de sa propre situation via une petite intrigue secondaire qui, sans être tout à fait similaire, le renvoie à ses pensées et le force à avancer.

Publié dans Séries

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Mangelune 22/01/2008 14:49

Merci F.

Alors le Loach ?

F. de Grotesquieu 19/01/2008 16:01

Bonjour Mangelune; j'aime bien ton pseudo, et ta critique du Loach que je vais voir demain matin (sinon le bruit des popcorn machouillés me fait quitter la salle). Quand aux intrigues secondaires, bien sûr; tant que l'on ne parle pas directement de ce dont on doit parler, c'est bon.

Mangelune 14/01/2008 20:15

Ah ok ça me revient maintenant.

D'un autre côté le défaut des Albator et Galaxy Express c'est qu'il fallait généralement attendre des tonnes d'épisodes pour voir l'effet de ces micro histoires. L'équipage continuait son petit bonhomme de chemin, comme avant, après chaque épisode.

Beaucoup de ces dessins animés avaient des personnages qui évoluaient rarement, sans doute à cause du côté road movie fréquent. Chaque étape remettait ainsi les compteurs à zéro, pas d'attaches à part le groupe de départ.

Dezorys 13/01/2008 16:19

En gros, les héros de l'Atlantis(le vaisseau d'Albator) passent à chaque épisode sur une planète, assitent à un drame(souvent mélo) face auquel ils sont plus ou plus moins impuissants, et qui se termine mal à chaque fois... même Albator est finalement "spectateur" ,ce n'est pas vraiment le héros à mon sens, mais plutôt les protagonistes des planètes visitées ( le technicien brisé par la mort de son fils, le gamin qui veut à tout prix quitter sa planète en lâchant sa mère dans la solitude, l'ex capitaine terrien passé aux forces du mal dont la petite fille est à bord de l'Atlantis ect...). Mais la série souligne finalement que le seul moyen d'éviter tout ces drames,c'est la quête de la "planète idéale" qui guide Albator...

Mangelune 13/01/2008 14:55

Ah bon ? Je m'en souviens pas. Ca ressemblait à quoi ?

Je sais que dans Galaxy Express il y avait un peu de ça, mais le personnage était quand même directement visé par ce qu'il se passait.