It's a free world

Publié le par Mangelune

Ca faisait tellement longtemps que je n'avais vu de Ken Loach que je me demande finalement si j'ai seulement vu un seul de ses films avant.

Force est de constater que le film ne m'a pas surpris et correspond à l'image que je m'en faisais : une histoire éminemment polémique, sociale, des personnages loin d'être angéliques, un certain réalisme dans le propos. Le tout servi par une mise en scène efficace, discrète car accompagnant l'intrigue et ses rebondissements. Un film exemplaire par bien des points, le réalisateur sachant appuyer son propos à la fois sans le dénaturer ni ennuyer le spectateur. Bref un sujet respectable (l'exploitation des étrangers) et un point de vue précis (celui d'une jeune femme qui monte son agence pour l'emploi) laissant entrevoir par intermittence les travers d'une société.

Pourtant des choses coincent dans le scénario : une accélération trop brutale dans le caractère du personnage principal, sa meilleure amie qui disparaît et revient sans explications, un enlèvement anecdotique... la fin est étrange, presque paresseuse bien qu'elle bénéficie à la fois de l'aspect réaliste du film (la vie c'est comme ça, aléatoire et bancal) et de l'aspect fragmentaire de la narration (beaucoup de scènes déconnectées les unes des autres, d'actions interrompues). Cet aspect brisé du film est d'ailleurs à la fois son plus gros défaut et sa plus grande qualité : sans cela, le film serait trop parfait, sans rien qui ressort vraiment. Avec, il devient inachevé.

Etrange canard boiteux, ni classique ni révolutionnaire, ni râté ni réussi. Il manque très certainement quelque chose.

Publié dans Cinéma

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