Echoué sur la grève

Publié le par Mangelune

Semaine de grèves pour tout le monde.

Grève des cerveaux en fait, ou comment manipuler l'opinion en faisant de revendications sociales importantes une somme de faits divers. Tous les jours, sur toutes les chaînes, toutes les éditions, on ne parle que de la "galère des usagers" pris en otages par les égoïstes qui refusent l'équité. Le tout avec force interviews de personnes tantôt en colère, tantôt désabusées, tantôt débrouillardes. Des grévistes on ne retiendra que ces votes à mains levées indiquant la reconduction du mouvement.

Quid des revendications, du fond ? Rien. Il est surprenant de constater qu'en dépit de la quantité d'images déversées on ne sait finalement que très peu de choses. Les cheminots veulent conserver leurs acquis, les étudiants s'opposent aux réformes des universités en bloquant contre l'avis de leurs camarades les facs. Rien sur les réalités complexes des salaires, des primes et des montants des retraites. Que les choses sont simples, vues par la lorgnette du petit écran et du gouvernement.

Etrangement, l'égalité est une chose à géométrie variable. Pour les travailleurs, elle consiste à se calquer sur le privé qui n'ose que rarement protester (pour le moral de ces derniers, il est d'ailleurs plus flatteur de se dire qu'on a voulu cette baisse du niveau de vie et non qu'on n'a aucun pouvoir sur la société) ; pour les plus riches, il s'agit par exemple de hausser le salaire du président au niveau du premier ministre. Comme toujours les concepts fondamentaux sont à double facette et peuvent ainsi être utilisés suivant le message à passer. Si un euro dépensé doit être un euro utile, doit-on en conclure que le pouvoir d'achat d'un petit nombre est plus utile que la qualité de vie des autres ?

Les parasites égoïstes pour le peuple, le prestige pour les nantis, deux arguments simples qui encore une fois ont fait leurs preuves.

Publié dans Politique

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