Le NYPD Blue pour frenchies

Publié le par Mangelune

Je viens de terminer les six épisodes de la saison 1 de la série française Police District, diffusés dans les années 2000. La série dans son ensemble contient 3 saisons de 6 épisodes en tout et pour tout (il semble n'exister que les deux premières années en DVD). Dix-huit épisodes donc, soit à peine l'équivalent d'une seule saison aux USA, pour une des rares tentatives de modernisation d'un paysage moribond. Sept ans déjà, et pas grand chose à regarder.

Police District se veut "à l'américaine" : titre anglais, ambiance noire sous forme de polar nerveux... On n'est pas ici chez Julie et ses flics sympathiques, ni chez PJ et ses acteurs dotés de la diction de Pivot. L'influence principale est d'ailleurs immédiatement visible : NYPD Blue. Un commissariat, des flics sombres et taciturnes, des histoires personnelles, une caméra mobile, des plans de coupe dévoilant la ville jusque dans ses recoins. Ici on mâche ses mots, on n'articule pas (presque pas assez). Le langage est abrupt, on est pas des anges et la vie n'est pas en noir et blanc. Certains thèmes traités sont courageux (enfin pour une série française) et font écho à une réalité bien connue mais rarement montrée dans sa complexité.

Alors ce n'est pas parfait loin de là. Certains acteurs jouent mal voire très mal, on trouve encore des poncifs de l'écriture française avec des dialogues variables (certaines formules d'argot font vraiment vieille France et tombent comme un cheveux sur la soupe moderne et réaliste qu'on veut nous servir), le ton n'est pas toujours juste, certains scénarios sont un peu mal foutus sur les bords...

Mais cela n'empêche pas Police District d'être une série de très bonne facture, et il est possible de surcroît qu'elle se soit encore améliorée au fil des deux autres saisons. Elle a pour elle d'associer une très bonne réalisation, une vision enfin réaliste de la police, des personnages assez justes et des dialogues moins anonés que d'habitude. Hélas elle fut brutalement stoppée avant son quatrième printemps ; il faut dire qu'entre les diffuseurs et le public abêti par ce qu'on lui sert à longueur de temps, un OVNI un peu brutal n'avait pas la moindre chance...

Publié dans Séries

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