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Je m'appelle Vivien Feasson alias Mangelune (mon nom de plume en quelques sortes).

Je suis "métiers du cinéma" de formation. Ca ne veut rien dire et c'est normal, grâce à mes études je ne peux en effet exercer aucun mêtier véritable. Disons que je suis auteur-scénariste-réalisateur en devenir, en attendant le jour où on me fera confiance.

J'aime la fiction sous toutes ses formes, du livre au cinéma en passant par la télévision, et le jeu de rôles.

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Mercredi 4 juillet 2007
La voilà la fameuse loi sur les mineurs, avec peines plancher et tout, présentée comme un durcissement de la punition des délinquants multi-récidivistes. Pourquoi ? Pour dissuader les autres ; parce qu'une victime se moque de l'âge de son agresseur ; parce que l'angélisme de gauche (ou de droite vieillote) c'est fini ; parce que les mineurs sont désormais aussi odieux que les majeurs ; pire même, les majeurs utilisent souvent les mineurs pour commettre leurs crimes odieux en toute impunité !

Si on examine et on écoute ça et là les critiques, on trouve un autre visage :
- La suppression de l'excuse de minorité ne concerne que les crimes graves (meurtre, viol etc.). Pas sûr que les banales agressions, souvent verbales, qui ont motivé l'élection de notre nouveau champion soient donc touchées. En plus, on ne connaît pas le nombre de criminels visés ce qui fait potentiellement de cette partie quelque chose qui ne concerne pas grand monde. Le plus drôle étant que la possibilité de suppression de l'excuse de minorité pour crime grave existe déjà dans la loi.
- La loi des peines plancher n'a pas un caractère obligatoire, elle oblige seulement le juge à expliquer sa décision par écrit (là où il devait auparavant expliquer l'incarcération). C'est donc aux juges de décider quoi faire... comme avant.

En gros rien ne change, sauf le principe. On passe d'une justice où l'incarcération doit être le dernier recours à une justice où la non-incarcération doit être le dernier recours. Ce n'est donc pas une loi qui donne de nouveaux moyens à la justice mais qui lui envoie un nouveau message.

Attaquons maintenant la partie philosophique de la loi :
- Tout d'abord, partir du principe qu'un enfant délinquant doit être emprisonné est contraire aux droits de l'enfant.
- L'intimidation : pourquoi un meurtrier ou un violeur serait-il intimidé par une telle loi ? Les mineurs violeurs se posent-ils la question de leurs droits avant de commettre leur délit ? L'excuse de l'intimidation a toujours prouvé sa vacuité. Il faut donc chercher la raison ailleurs...
- La prévention : durcir la punition du récidiviste, c'est éviter qu'un individu commette plusieurs fois le même crime et retourne toujours à la liberté. C'est aussi faire croire qu'un juge ne prend jamais en compte les crimes précédents de l'accusé, ce qui n'est évidemment pas le cas. Il faut donc chercher la raison ailleurs...
- La punition ! Mais oui voilà la raison, on la trouve même dans la bouche de notre président : une victime se soucie-t-elle de l'âge de son agresseur ? C'est dit, la justice n'a pas vocation a préserver la paix et assurer sa pérénité, elle a vocation à punir pour alléger le coeur de la victime, et par là même, de l'opinion publique. Car l'opinion a soif de sang. Envoyer un criminel en prison c'est souvent l'installer dans un cycle de criminalité sans fin. Pourquoi l'y envoyer alors, plutôt que de créer des écoles spécialisées ? Pour que l'opinion publique sache que les criminels sont punis et qu'ils souffrent entre quatre murs. Mais de façon humaine. Mais pas trop non plus. Enfin bon on jongle avec l'opinion quoi. Reprendre l'éducation d'un enfant, c'est affirmer son propre statu de victime. Et pour N. Sarkozy, un bourreau n'est en aucun cas une victime, il n'existe aucune perméabilité. Je vais d'ailleurs, en passant, éviter une remarque acerbe sur les gènes des bourreaux qui les prédestinent peut-être au crime impliquant qu'un assassin ne sera jamais réhabilité, ça laisserait une solution trop amère...


Bref voilà une loi qui n'a qu'un but : changer le message adressé à la justice. On ne part plus du principe qu'un enfant délinquant peut être remis sur le droit chemin, ou bien on se dit que si il peut l'être il doit l'être très vite parce que la justice n'a pas que ça à faire et que l'angélisme ça va bien deux minutes.
Fin de la justice réparatrice, qui punit mais en même temps essaie aussi de re-conformer le criminel. Comme la société semble désormais incapable de récupérer ses enfants turbulents (que ce soit vrai ou pas, les gens le croient désormais), on essaie maintenant de les enfermer le plus longtemps possible. Donc de les faire disparaître. Donc de les tuer, symboliquement. Pour le moment...
par Mangelune publié dans : Politique
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