Le block buster du dimanche soir

Publié le par Mangelune

Tout y était : suspense, surprise, un héros à genoux (le scénariste avait d'ailleurs bien joué son coup, à aucun moment on ne croyait qu'il allait se relever), un retournement de situation, une tragédie amoureuse, des manoeuvres diaboliques et la chute d'un grand méchant plein de classe... Pourtant ce n'était pas Dallas mais les élections législatives.

Tout d'abord le plus drôle : la chute de Juppé. Avait-il vraiment envisagé une défaite avant de se présenter ? J'en doute au vu de la chute. En dépit de son intelligence et son talent, c'était pour moi le symbole de l'arrogance politique. Il s'était fait condamner à une peine ridicule en appel (évidemment), partit vivre une nouvelle vie à l'étranger, revint, fit démissionner le conseil municipal de Bordeaux pour retrouver sa place comme si de rien n'était, arriva au gouvernement en se prétend écologiste nouvellement convaincu, et visa enfin une place de député. Le tout en même temps ! Votez pour moi, je mettrai quelqu'un d'autre à la place et si je perds un boulot vous m'aurez offert une jolie assurance. Ouf certains ont fini par craquer et ont profité que les autres croient le meilleur d'entre nous indéboulonnable au point de ne pas aller voter. Heureusement pour lui que les députés UMP étaient là pour nous culpabiliser de son échec ! Une grande perte pour la France qu'ils disaient...

Ensuite la victoire de la gauche (je sais c'est exagéré mais bon). Amusant de voir comment une simple allusion à la TVA peut braquer les électeurs. A moins qu'à force de répéter en coeur avec les médias que le tsunami bleu arrivait, les gens légèrement à gauche n'aient fini par se vexer et ceux légèrement à droite par croire le deuxième tour acquis ? Ce serait donc encore une fois le matraquage médiathique qui serait à l'origine de ce revirement ?
Quand à l'idée d'un jeu sur la TVA, l'idée peut être intéressante mais le principe de chèque en blanc signé à N. Sarkozy s'est enfin vu aposer des limites. Car les idées du gouvernement ayant le plus de potentiel sont aussi les plus dangereuses (franchise, contrat unique, TVA...). Je respire un peu maintenant qu'une opposition possible existe, même s'il lui aura fallu jouer sur l'exagération pour pouvoir convaincre des gens un peu bêtes (ceux qui applaudissent quand on leur promet moins d'impôt et qui gueulent quand on leur en propose plus, et ce quel que soit le fond).

Enfin le plus beau, la rupture du couple de tête du PS annoncée en pleins résultats électoraux. Après avoir juré que la vie privée n'entrait pas en ligne de compte en politique et avoir lancé un procès sur ce thème, on apprend que finalement S. Royal avoue tout et officialise la rupture, tout en préparant la prise de contrôle du PS. L'amour n'est décidément qu'une donnée de plus dans la longue course au pouvoir.

Heureusement, pendant ce temps les ténors socialistes continuent de parler de rénovation et de responsabilité devant les caméras. "Il ne faut pas parler de la réforme, il faut la faire"... disait D. Strauss-Kahn pour la centième fois en public. Ca promet.

Publié dans Politique

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