La France s'endort...

Publié le par Mangelune

Et voilà... une campagne dure, entre droite réaffirmée et gauche accusatrice, un candidat survitaminé et d'autant plus inquiétant, un second tour à droite sans un seul regard en arrière ni vers le centre... un score impressionnant... et puis plus rien.

Plus rien de cette effrayante nomination. Je me sens comme engourdi, et j'imagine que bien d'autres sont dans le même cas. De nouvelles élections si proches, on y croit presque pas. On va voter contre sans espoir de victoire : les indécis ont sans doute décidé de soutenir le nouveau chef. On ne va même pas voter avec la rage au ventre puisque le président nous a volé notre rage : à coup de récupérations de vieux socialistes fatigués, à coup d'entretiens avec syndicats et écolos, de verbaux sauvetages d'usines, de jogging et de serrages de palluches.

Finalement qui nous ôte notre envie de bataille ? Les traîtres et leur ralliement surprise, ou la sourde impression que de tels retournements de vestes sont dus à la décomposition du parti dont qu'ils quittent ? Entendre Royal se moquer de Sarkozy parce qu'il n'impose pas le service minimum, ça peut donner envie de la voir disparaître une bonne fois du paysage politique. Ouïr que le programme de la droite est un hommage à son pacte présidentiel, donner des envies de TNT. Voir Hollande moquer le nouveau conseil des ministres, ça peut aussi donner l'impression que l'opposition n'est rien d'autre qu'une chose stérile destinée à dire "non" même aux choses les plus futiles. Nietzsche disait qu'il fallait garder son énergie pour les querelles importantes, à méditer...

Bref depuis quelques temps on ne voit qu'eux : les ministrés, confiants, souriants, assurant que tout est possible. Ils sont partout, ils peuvent tout, et ce qui n'est pas dans le programme sera fait tout de même. Ils se tutoient, ils font du sport, ils ont de l'argent, ils servent leur maître avec une joie ineffable. Et puis Nicolas est si sympathique, on le voit dans plein d'émissions, on entend des amis en parler, il serre les mains, signe des autographes, parle aux masses ouvrières.
La gauche, on l'aperçoit de temps en temps, râler sur des conneries, rappeler que le vote utile c'est désormais obligatoire à toutes les élections.

Des winners contre des loosers quoi. Sarkozy a réussi à imprimer son image à son gouvernement, celle d'un battant à qui tout réussi, qui va de l'avant en écrasant tout ce qui se dresse, sans un ralentissement, sans une excuse, sans une gêne. Et personne n'arrive à l'arrêter. Et ça fout la trouille.

Publié dans Politique

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