Greco, sans surprise

Publié le par Mangelune

Hier soir étaient diffusés les deux premiers épisodes de Gréco, la nouvelle série fantastique sur France 2 qui suit l'initiative (mal)heureuse de David Nollande, celle de placer enfin des séries à teneur fantastique françaises en prime time et en 52 minutes.

Du côté des progrès, une image décidément de plus en plus léchée mais qui lorgne sans vergogne du côté du paysage américain. Sans vergogne parce qu'on aura beau habiller de cuir noir notre héros, lui coller une musculature d'athlète et un tatouage à la Jack-de-chez-Lost-en-face, on aura beau mettre sa copine un flingue au côté façon flic de choc, reste qu'on les verra évoluer dans le bel univers lumineux français avec ses commissariats ornés de drapeaux clinquants, ses voitures quasi neuves reflétant le soleil et ses paysages bucoliques desquels rien de glauque ne semble pouvoir surgir. Il n'y a pas ici d'univers visuel, de bible d'atmosphère qui permettrait de donner au tout une cohérence esthétique. Parce que l'esthétique coûte cher. On se contentera donc de spectres épaulés par quelques effets spéciaux pas vilains mais hélas assez déplacés dans un tel décors.

Gréco ne m'enlèvera pas non plus l'idée que nos scénaristes manquent principalement de science du dialogue et nos acteurs de justesse de ton. Contrairement à ceux de PJ, les personnages ne s'expriment pas suivant un unique ton didactique et professoral, mais changent de registre  comme de chemise. Parfois ampoulés, parfois vulgaires, parfois poétiques, parfois grotesques... on ne sait jamais ce qui justifie les variations de ton sinon un manque de cohérence. Les phrases sont encore trop longues, trop démonstratives, désespérément plates, là où les Américains utilisent des répliques courtes (avec un va et vient dynamique entre les interlocuteurs) et font place au jeu lexical et au sous-texte (le spectateur doit deviner ce qui se cache derrière les mots).

Publié dans Séries

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