Festival du court métrage 2007

Publié le par Mangelune

Et voilà ! Une année de plus à ajouter au compte du festival de court-métrages de Clermont-Ferrand. Une année de plus à travailler tous les jours et à ne voir qu'une poignée de films pendant que d'autres en font une indigestion.

Parce que l'indigestion est la base même d'un tel événement. Des milliers de films à visionner pour une équipe réduite (et qui chaque année, boulimique, reproduit le festin), 31 sélections de compétition avec 5 courts métrages en moyenne, 5114 films sur le marché...

Comme chaque année, rien d'exceptionnel au palmarès. Le plus grand nombre de prix va à des films qui ne sont pas là pour incarner le format court, mais qui sont plutôt des mini-longs métrages, efficaces car resserrés, drôles, très bien construits mais destinés à rejoindre bien vite la masse des oeuvres passées.

C'est à se demander parfois si le court n'est pas devenu ce que même la télévision parvient parfois à éviter : un flux continu de petites histoires se mêlant les unes aux autres dans nos cerveaux de spectateurs. Là où les séries parviennent à utiliser cette idée de déversement continuel pour opérer une réflexion sur le long terme, le court semble lui condamné à une existence éphémère : à peine vu, il se fond dans notre oubli.

Car c'est finalement la diversité qui est privilégiée, au détriment de toute réflexion ou cohérence. Parce que le festival se veut d'avantage tourné vers le public que vers la conception artistique, les courts se voient agencés suivant leur durée, leur genre, leur atmosphère, afin que chaque séance offre une sorte de vitrine exhaustive des genres, au détriment hélas d'un point de vue plus global et moins technicien.

En conclusion, il s'agit moins ici de critiquer le format court en lui-même qui recèle de vraies oeuvres et des créations très appréciables, que de remettre en question ce déversement qui rapidement se change en mélasse audiovisuelle. L'éducation à l'image prônée par Sauve Qui Peut le Court Métrage passe-t-elle vraiment par un tel imbroglio dénué d'analyse ?

Publié dans Cinéma

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