Un vernis in pour un contenu old

Publié le par Mangelune

Cette réflexion me vient après le visionnage de deux films récents : Cashback de Sean Ellis et L'incroyable destin de Harold Crick (en fait Stranger than Fiction, le titre français est nul et rappelle un horrible film) de Marc Forster.

Ces deux films utilisent une enveloppe originale pour sortir de la masse : Cashback pratique une mise en scène à la Michel Gondry (Eternal Sunshine of the Spotless Mind), sophistiquée et usant de l'esthétique léchée de la pub pour nous montrer un homme capable de figer le temps par la pensée ; Stranger than Fiction offre une réflexion sur le travail d'auteur, opérant une vraie mise en abîme puisqu'on y voit un personnage prendre conscience qu'il est le premier rôle d'un roman et rencontrer son "créateur".
Dans les deux cas le récit est légèrement fantastique, le but étant d'utiliser tous les moyens cinématographiques à disposition, pour porter le tout au dessus de la masse des films qui se contentent de raconter naïvement une banale histoire d'amour.

Oui parce que le fond de ces deux histoires est tout autre :
Cashback
raconte en fait l'histoire d'un garçon qui se fait plaquer, n'arrive plus à dormir, prend un travail de nuit et rencontre une autre femme. Comme il est peintre, il est aussi capable de voir la beauté en tout, et par ce talent il parvient à séduire sa nouvelle égérie. En plus des amis lui font une blague qui se révèle au final salutaire puisqu'elle lui permet de connaître enfin la célébrité.
Stranger than Fiction nous montre un agent du fisc avec une vie ultra réglée, qui rencontre une femme qui le déteste au début mais finit par être désarmée par sa détresse, achète une guitare, devient plus cool qu'avant et finit même par accepter de mourir pour l'Art (et pour sauver accessoirement un gosse). En plus au final il ne meurt pas et son acte sacrificiel le rend encore plus beau aux yeux de sa belle.

Enlevez donc l'enrobage fantastique de ces deux films et vous obtenez deux histoires très classiques, bateaux même, que je ne serais pas allé voir sans doute si on ne me les avais présentées au départ comme originales.
Seulement Michel Gondry utilisait le fantastique servir un propos original. Le procédé fantastique était au coeur du récit, il soutenait le propos même. Dans Cashback le fait d'arrêter le temps ne sert à rien. Le personnage peint des canons de beauté qu'il déshabille. Ce pouvoir n'est absolument pas exploré, ce voyeurisme n'est jamais remis en question. Dans Stranger than Fiction, le personnage ne se rebelle jamais contre le narrateur. Il est incapable de faire autre chose que ce que la voix raconte. Pire même, l'assujétion à cette voix fait de lui un être mû par une volonté supérieure, un pantin. Supprimez la voix, vous enlevez alors des moments drôles, un bon quart du film, mais finalement rien ne change : Harold Crick fait les mêmes actions et la fin est strictement la même. La seule analyse sur le travail de création est qu'un auteur apprenant que son personnage est vivant préfère l'homme à l'art (sans que cela change sa vie de toute façons, son seul objectif dans l'existance étant de finir son roman).

Comment attirer les gogos perdus devant la masse des films et comment faire des films sympathiques en prenant les spectateurs pour des cons ? J'ai ma réponse...

Publié dans Cinéma

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