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Bienvenue sur mon blog

Je m'appelle Vivien Feasson alias Mangelune (mon nom de plume en quelques sortes).

Je suis "métiers du cinéma" de formation. Ca ne veut rien dire et c'est normal, grâce à mes études je ne peux en effet exercer aucun mêtier véritable. Disons que je suis auteur-scénariste-réalisateur en devenir, en attendant le jour où on me fera confiance.

J'aime la fiction sous toutes ses formes, du livre au cinéma en passant par la télévision, et le jeu de rôles.

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Lundi 28 mai 2007
Et voilà... une campagne dure, entre droite réaffirmée et gauche accusatrice, un candidat survitaminé et d'autant plus inquiétant, un second tour à droite sans un seul regard en arrière ni vers le centre... un score impressionnant... et puis plus rien.

Plus rien de cette effrayante nomination. Je me sens comme engourdi, et j'imagine que bien d'autres sont dans le même cas. De nouvelles élections si proches, on y croit presque pas. On va voter contre sans espoir de victoire : les indécis ont sans doute décidé de soutenir le nouveau chef. On ne va même pas voter avec la rage au ventre puisque le président nous a volé notre rage : à coup de récupérations de vieux socialistes fatigués, à coup d'entretiens avec syndicats et écolos, de verbaux sauvetages d'usines, de jogging et de serrages de palluches.

Finalement qui nous ôte notre envie de bataille ? Les traîtres et leur ralliement surprise, ou la sourde impression que de tels retournements de vestes sont dus à la décomposition du parti dont qu'ils quittent ? Entendre Royal se moquer de Sarkozy parce qu'il n'impose pas le service minimum, ça peut donner envie de la voir disparaître une bonne fois du paysage politique. Ouïr que le programme de la droite est un hommage à son pacte présidentiel, donner des envies de TNT. Voir Hollande moquer le nouveau conseil des ministres, ça peut aussi donner l'impression que l'opposition n'est rien d'autre qu'une chose stérile destinée à dire "non" même aux choses les plus futiles. Nietzsche disait qu'il fallait garder son énergie pour les querelles importantes, à méditer...

Bref depuis quelques temps on ne voit qu'eux : les ministrés, confiants, souriants, assurant que tout est possible. Ils sont partout, ils peuvent tout, et ce qui n'est pas dans le programme sera fait tout de même. Ils se tutoient, ils font du sport, ils ont de l'argent, ils servent leur maître avec une joie ineffable. Et puis Nicolas est si sympathique, on le voit dans plein d'émissions, on entend des amis en parler, il serre les mains, signe des autographes, parle aux masses ouvrières.
La gauche, on l'aperçoit de temps en temps, râler sur des conneries, rappeler que le vote utile c'est désormais obligatoire à toutes les élections.

Des winners contre des loosers quoi. Sarkozy a réussi à imprimer son image à son gouvernement, celle d'un battant à qui tout réussi, qui va de l'avant en écrasant tout ce qui se dresse, sans un ralentissement, sans une excuse, sans une gêne. Et personne n'arrive à l'arrêter. Et ça fout la trouille.
par Mangelune publié dans : Politique
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Lundi 7 mai 2007
Ce n'est pas original je sais, parler des présidentielles, mais taire ce que je pense serait sans doute bien hypocrite au regard de l'intérêt que j'aurai porté à ces élections.

L'affrontement de deux visions de la société

Oui. Entre une vision claire et simpliste et une vision embrouillée et tordue. Etrangement les Français ont choisi la vision pré-digérée : travailler plus pour gagner plus, de la prison pour les voyous, des chômeurs mis au pas, des étrangers qui dégagent, moins d'impôts pour les gens et pour les entreprises qui ainsi ne délocaliseront plus.
Royal n'a jamais été assez claire, assez simple (Jospin déjà pêchait par complexite aigüe), elle a laissé trop d'inquiétudes sans réponse claire et simple (Europe, délocalisations, Dette, etc.).
Bayrou qui n'aurait pu arriver au second tour a mené une campagne exemplaire et a utilisé avec talent cette simplicité : chaque problème appelait une réponse basique, économique.

Ma conclusion ? Les gens veulent désormais des mots simples et des bouc émissaires. La faute sans doute à l'éducation par la télévision...

Une victoire de la démocratie

Plus de 80% de participation, quand on a dit ça, on semble avoir tout dit.

Ce serait pourtant oublier la faille de ce système, de ce 2ème tour où s'affrontent deux candidats, où les Français se partagent en trois camps (lui, elle, personne) et où on ne trouve qu'un seul gagnant. Ce serait ignorer la longue campagne d'attaques contre Sarkozy où furent mis en avant tous les abus du personnage, ignorer le durcissement de sa droite qui l'a rendu crédible et fort mais qui l'a aussi éloigné de façon considérable de près de la moitié du pays. Il faut penser aussi aux personnes issues de l'immigration qu'on a convaincues de voter (parce que ça change la vie), que le candidat de droite a souvent mis dos au mur, et qui voient que 53% du pays les déteste et veut leur mise au pas.

Restent les législatives

Avec un seul mois pour les préparer, l'influence du score du nouveau président et la peur de la cohabitation immobile, il y a peu de chances de voir autre chose qu'une majorité présidentielle émerger. Une fois cela obtenu, la droite aura les mains libres comme Chirac les a eu pour son deuxième mandat, du début à la fin du quinquenat.

La gauche et l'avenir

Une raclée, la chute de la candidate qui soi-disant portait l'avenir et l'audace, une extrème gauche anéantie, un candidat sortant au bilan lamentable et porteur de chaos qui se retrouve élu, une alliance contestée avec le centre... Déjà les socialistes tirent dans tous les sens : à gauche toute pour reconquérir les ouvriers, au centre pour redevenir crédibles politiquement, au milieu de tout ça pour continuer sur la lancée de Royal. On est en droit de considérer que la voie du milieu sera encore une fois choisie, et d'ailleurs beaucoup veulent croire que le score honorable de Royal constitue un vote d'adhésion et non de sanction envers la dureté de la droite, ce qui n'augure rien de bon pour l'évolution.
par Mangelune publié dans : Politique
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Mercredi 25 avril 2007
Avant même le second tour on peut dire que Ségolène Royal a pour le moment perdu le débat des personnalités. En effet il est généralement considéré que Royal est incompétente tandis que Sarkozy est dangereux. Hors dans le cadre d'une élection présidentielle un adjectif est plus valorisant qu'un autre.

Un individu dangereux est quelqu'un de puissant. On a peur de Sarkozy donc on estime qu'il a de l'influence, qu'il est dynamique et peut-être même trop dynamique, qu'il fait peur et donc qu'il a la main en quelques sortes.
A l'inverse, quelqu'un d'incompétent ne rassure pas non plus. Il est logique de penser qu'il fera des bêtises pas trop graves mais que sans doute rien n'avancera, qu'il se dispersera et perdra du temps. Hors par les temps qui courent beaucoup croient que la France est au bord de la ruine, et ils préfèreront donc sans doute quelqu'un de dangereux qui foncera et fera des réformes à quelqu'un de mou ou d'inefficace.

Enfin, on vote pour ou contre quelqu'un de dangereux, on ne vote pas du tout pour quelqu'un d'incompétent. Cela signifie que ceux qui croient Royal incompétente et votent pour elle le font avec la mort dans l'âme, à la limite de l'abstention. Dur de convaincre les hésitants dans une telle configuration.

Il y a beaucoup de points du programme du PS qui me paraissent intéressant, mais la campagne de Royal semble avoir relativement échoué. Reste à espérer que Sarkozy paraisse tellement dangereux, que finalement il atteigne un point de saturation et perde, ou que le débat du 2 mai la montre bien plus dominante que prévu. Mais j'en doute.
par Mangelune publié dans : Politique
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Mardi 24 avril 2007
Il fallait bien que je glisse deux mots sur la présidentielle (oui la photo n'est pas adaptée mais attendez de lire la suite) et sur une question qui sera revenue pas mal de fois sur le tapis : Ségolène Royal est une femme.

De chaque côté on se défendra de faire preuve de sexisme : la candidate ne mettrait pas en avant sa féminité pour cacher le vide de son programme, ceux qui la jugent incompétente ne baseraient pas leur conviction sur sa non-masculinité. Finalement les deux camps sont sexistes, mais je trouve plus grave de se priver de la gauche à la présidence que d'utiliser tous les moyens pour convaincre un électorat indécis (ce qui se fait largement en politique, dit-on de Sarkozy qu'il cache la xénophobie de son programme derrière ses origines hongroises ?).

Si on se tourne vers les autres femmes en politique : Laguillier est globalement considérée comme sympathique (mais j'imagine qu'à ses débuts on se montrait moins tendres), Voynet est vue comme médiocre (et les chasseurs la détestent), Buffet est synonyme d'ennui, Clémentine Autain - plus énergique - passe pour une arriviste ambicieuse, Boutin est une réac intégriste, Aubry c'est les 35h, Roseline Bachelot s'habille en rose... etc, on trouve de vieilles réacs coincées ou de jeunes chiennes de garde arrogantes. Les femmes qui sont ainsi, ou le regard des gens sur elles dès lors qu'un poste à responsabilité est atteint et qu'elles prennent la parole en public ? Si c'est ce dernier cas qui s'impose, ne peut-on considérer que l'hostilité à l'égard de Royal est à la hauteur de la charge qu'elle brigue ?

On reproche à Royal ce côté "mère du peuple", mais son adversaire en fait autant dans le compassionnel avec sa main tendue aux accidentés de la route (comment un battant de droite qui prône le "tirez vous les doigts du cul / aux meilleurs la victoire" peut-il baisser les yeux sur les faibles ?). On lui reproche ses gaffes, ses erreurs, mais Sarkozy a fait autant de conneries et parfois autrement plus inquiétantes. Elle serait incompétente : là je ne sais pas ce qui permet de le penser, en tous cas elle ne sera pas seule aux commandes, et je ne vois pas en quoi elle serait plus dangereuse pour le pays que quelqu'un ayant déchiré le pays avant même d'être au sommet. Son absence de programme également n'est que pure invention : c'est celui du PS dans les grandes lignes, et d'autres qu'elle auraient donc soutenu le même.

Dernier reproche, peut-être le plus intéressant : Royal n'aurait pas de charisme. Elle n'accompagnerait pas la foule, elle ne démolirait pas ses adversaires et refuserait une fois sur deux l'affrontement. Le débat du 2 mai révèlera ou non des ressources insoupçonnées d'aggressivité lorsqu'elle se retrouvera en face de Sarkozy. Je pense qu'effectivement elle manque de vraies qualités d'oratrice, mais je ne peux m'empêcher de penser que si elle avait été plus violente dans sa façon de s'exprimer, elle se serait faite traiter d'hystérique ou de sorcière coincée (ou de professeur, voir lorsqu'elle avait reprise une militante socialiste).

Ceux qui objecteront que le fait que les femmes elles-mêmes n'aiment pas Royal serait une preuve de l'absence de sexisme me laisseront assez rigolard puisque les femmes n'ont jamais été uniquement des bienfaitrices de la cause féministe, étant au même titre que les hommes influencées par leurs origines et leur éducation.
par Mangelune publié dans : Politique
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Jeudi 5 avril 2007
  Une vieille affaire qui ressort régulièrement et qui est reprise avec le merveilleux assentiment des plus grands partis : il y aurait des chômeurs mieux payés que des travailleurs ! Une situation intenable donc, et qui légitime une mesure simple et efficace : on n'augmente pas les minimas sociaux.

  Le RMI c'est 440 euros pour une personne seule, 925 pour un couple avec deux enfants. Le SMIC c'est 984 euros nets pour une personne qui travaille 35 heures. En gros, qu'est-ce que cela signifie ? Qu'un couple au chômage avec deux enfants dont l'un des conjoints trouve un emploi payé au SMIC ne gagne presque rien, sinon de quoi faire bonne figure. Quelques aides comme la gratuité des musées, une poignée de réductions, la gratuité des transports disparaissent aussi.
  Si on compare un SMIC et une indemnisation chômage, la différence est évidemment plus flagrante, puisqu'on a là 80% du salaire brut précédent qui est perçu par une personne. Ensuite tout va dépendre de la situation familiale, etc. Déjà on sent que le problème est complexe et concerne des cas particuliers, qu'on ne devrait pas pouvoir lancer des grandes phrases type "je suis d'accord c'est inadmissible" sans même se renseigner.

  Plus intéressant le joli renversement idéologique dont les démagogues ont le secret. 440 euros ce n'est rien, même avec d'autres aides comme les APL. Je n'appelle pas cela vivre mais vivoter. Pas de vacances, peu d'achats, des produits de consommation de mauvaise qualité... Ajoutons à celà l'opprobre sociale, un zeste de culpabilité, un soupçon de déprime et d'ennui, et on comprend que la situation du chômeur en fin de droit est peu enviable. De l'autre côté, le bénéficiaire de l'allocation est voué à la voir disparaître ; il s'agit donc d'avantage d'une aide pour maintenir son train de vie avec la menace du RMI au bout du tunnel (je dirais aussi qu'il a bien mérité un peu de détente, après tout il a côtisé avant non ? Bon je sais que ce genre de propos ne sont pas du goût de tous). Enfin, j'ajoute le fait que le chômage est appelé à perdurer pour un moment et que donc il est difficile de trouver un travail, quelle que soit sa volonté.

  C'est là qu'intervient le renversement : puisque le chômeur est mal barré, puisque le chômage est là pour longtemps, on s'empresse de sortir du chapeau l'exemple du travailleur précaire, ou mal payé, pour d'une part faire fermer son clapet au glandeur, d'autre part pour monter les deux l'un contre l'autre (le travailleur pauvre sait qu'il doit sa misère aux charges sociales qui sont là pour aider ce sale feignant de chômeur à vivre peinard en rien faisant).

  Fascinant non ? C'est quand même plus sympa que de se contenter d'accuser le chômeur d'être un parasite des honnêtes travailleurs, une recette qui hélas ne marche plus dans notre société compassionnée. Augmenter les minimas sociaux c'est mettre chômeurs et smicards au même niveau. Augmenter le SMIC c'est mettre les travailleurs pauvres au niveau des autres (bouh quelle horreur, de quel droit ? Si mon voisin éboueur gagne autant que moi je pars en Amérique !).

  Et ne parlons pas du fait que normalement le SMIC soit le minimum théorique et non pas la norme...
par Mangelune publié dans : Politique
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