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Bienvenue sur mon blog

Je m'appelle Vivien Feasson alias Mangelune (mon nom de plume en quelques sortes).

Je suis "métiers du cinéma" de formation. Ca ne veut rien dire et c'est normal, grâce à mes études je ne peux en effet exercer aucun mêtier véritable. Disons que je suis auteur-scénariste-réalisateur en devenir, en attendant le jour où on me fera confiance.

J'aime la fiction sous toutes ses formes, du livre au cinéma en passant par la télévision, et le jeu de rôles.

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Dimanche 1 juillet 2007
(Enfin 21ème, quand on voit qu'une série comme NYPD Blue a plus de dix ans...)

On m'avait dit énormément de bien de Clara Sheller. Comme toujours j'avais pris le parti de la bienveillance naïve ("mouaif une série française avec Diefenthal parlant d'une trentenaire joviale à la Amélie Poulain, et puis quoi encore"). Mais bon, à force de dithyrambes et ne voulant pas mourir idiot j'ai profité de la rediffusion de France 2 pour m'y essayer. Grand bien me fit, comme quoi il ne faut jurer de rien, Clara Sheller est LA série française actuelle à avoir vu.

Le thème est simple, sympathique sans être énorme, et pourtant d'actualité : la série parle de trentenaires avec un travail mais incapables de construire une famille durable. Nos protagonistes sont parisiens, cultivés, gay friendly, bref appartiennent à un microcosme capitalo-centré plein d'élites bourgeoises, et pourtant... pourtant ce propos n'est pas aussi réducteur qu'il n'y paraît. En évitant soigneusement l'habituel patchwork à quotas pratiqué à la télévision (le riche, le pauvre, le banlieusard, la bourgeoise le tout bien mélangé pour qu'on sache bien que l'égalité est la seule morale), la série fait tout d'abord preuve de réalisme. En prenant la vie par le petit bout de la lorgnette, il peut ainsi se permettre un scénario qui part du particulier pour aller vers le général, démarrant sur deux amis aisé pour finalement parler de la crise du couple, de la sexualité, de la famille... le tout de façon extrèmement intelligente tout en ne sortant jamais de la vie de ses personnages : le principe élémentaire de la fiction, qu'on croyait pourtant oublié en France !

Un très bon travail de scénariste donc, partir de personnages précis, crédibles, rester dans le sujet tout en faisant résonner les situations à un niveau plus élevé, se permettre des dialogues justes, parfois drôles, passer du drame aux rires et inversement, se payer le luxe d'avoir des personnages égoïstes et humains, à la fois lucides et aveugles...

Mais le pire est que la mise en scène elle aussi est exemplaire. Le générique est résolument moderne et efficace avec la chanson Naïve Song (ça nous change du piano), les plans de transition de Paris sont magnifiques, la réalisation est dynamique et ose les ruptures de ton, la photo est belle, les acteurs d'une justesse rare (mention spéciale à Diefenthal qui réconcilie tous ses détracteurs)... Un sans faute des plus impressionnant.

Alors par probité il faut bien soulever quelques menus défauts. Le sixième épisode est légèrement en décalage avec la reste et verse un peu trop dans la déprime pour vraiment clore la série en beauté. Certaines trouvailles très osées du scénario (le triolisme) tombent un peu à plat en advenant de façon trop brutale, trop tard, sans pouvoir être développées. On a le sentiment d'une série arrêtée trop tôt, d'un épisode manquant.

Tout cela n'est rien par rapport à la surprise qu'est cette série. On se prend vraiment à aimer les personnages, à espérer en leur réussite. J'espère franchement voir ce genre d'oeuvres de plus en plus nombreuses. Je n'ai même plus envie de démolir Mystère qui cartonne en audience, j'aurais l'impression de perdre mon temps...
par Mangelune publié dans : Séries
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Jeudi 21 juin 2007
Ne délirons pas j'ai regardé Clara Sheller hier soir. Mais, par probité, j'ai enregistré le premier épisode de Mystère. Et je l'ai vu. Et j'ai mal à l'âme désormais. Je m'étendrai sur la globalité plus tard, là j'ai surtout envie d'être mesquin. Extraits :

Phrases bateau

- C'est bizarre, la météo annonce un temps totalement clair (dit par le pilote à son co-pilote)
- Nom de dieu l'appareil est en chute libre ! (dit par le pilote alors que l'avion tombe)
- Ils se développent de façon précise et logarythmique (rapport oral d'un militaire)
- Tu vois ? La menace est toujours là (du sous-chef au chef)

- La fille arrive près d'un champ. La caméra fait le grand huit autour d'elle comme une mouche foule. La fille monte, la caméra fait des va et vient. Oh un cercle de culture (dur de donner un côté vraiment impressionnant à ça) : "C'est incroyable" dit la jeune fille.
Heureusement dix secondes plus tard un faux photographe pour assurer son déguisement dira "C'est dingue ce truc".
Ou comment compenser un jeu d'acteur inexistant. On pourrait suggérer "j'adore ce que je mange" ou "je vous trouve trop sympa".

- Il le faut Michèle (air concerné).

Monologue insipide

L'héroïne parle de son père, comme quoi il ne fuyait pas vraiment. Sa tante lui dit qu'elle se fait des idées, et là on ne sait pas pourquoi déboule un monologue brutal de l'héroïne qui devait vraiment souffrir d'avoir gardé ça pour elle tout ce temps. Après tout ça fait que 5 minutes que la tante est arrivée (et elle repartira juste après, heureusement d'ailleurs vu que c'est Lio qui joue la tante) :

"J'avais dix ans quand ma mère a disparu. J'ai trop longtemps espéré son retour pour y croire encore, et ne saurai sans doute jamais ce qu'il lui est arrivé. Mais pendant ces dix années elle m'a donné l'amour, la confiance et c'est grâce à elle que j'ai pu surmonter ce qui m'est arrivé depuis. Je sens sa présence près de moi et c'est tout ce qui compte."

Comportements irrationnels

Parce qu'il n'y a pas que des phrases plates et explicatives, il y a aussi des personnages qui disent tout, tout de suite et sans raison. Ou qui connaissent le scénario et du coup ne s'embêtent pas avec les connexions logiques.

- Le demi-frère lance sa haine au visage de l'héroïne après avoir fait semblant deux secondes d'être sympa (pourquoi s'embêter alors ?). Il lui dit ce qu'il pense, et lui détaille même le pourquoi (il la déteste mais bon il voudrait pas qu'elle s'imagine que c'est pour de mauvaises raisons).
- Lorsque le petit ami découvre que l'héroïne a des bleus, elle le rassure c'est juste quelqu'un qui l'a aggressé la veille. Lui tout de suite l'amène voir une copine flic pour qu'elle prenne sur le bracelet de l'héroïne les empreintes de doigts du méchant (comment diable sait-il qu'il y a des empreintes sur ce bracelet ?). Cela évidemment va mener nos héros à enquêter en marge des méchants militaires qui contrôlent tout ! Oh que c'est finement amené...
- La demi-soeur de l'héroïne a le malheur de dire que les trucs dans les champs s'appellent des Crop Circle et là tout de suite l'héroïne en conclut "dis donc t'as l'air de vachement t'y connaître". Ah ben oui la demi-soeur connait un scientifique spécialiste des cercle de culture... Moi je connaissais le nom juste en regardant la télé, je dois pas être normal.

Conclusion
Mystère a fait un carton hier soir. Comme quoi...
par Mangelune publié dans : Séries
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Mardi 19 juin 2007
Tout y était : suspense, surprise, un héros à genoux (le scénariste avait d'ailleurs bien joué son coup, à aucun moment on ne croyait qu'il allait se relever), un retournement de situation, une tragédie amoureuse, des manoeuvres diaboliques et la chute d'un grand méchant plein de classe... Pourtant ce n'était pas Dallas mais les élections législatives.

Tout d'abord le plus drôle : la chute de Juppé. Avait-il vraiment envisagé une défaite avant de se présenter ? J'en doute au vu de la chute. En dépit de son intelligence et son talent, c'était pour moi le symbole de l'arrogance politique. Il s'était fait condamner à une peine ridicule en appel (évidemment), partit vivre une nouvelle vie à l'étranger, revint, fit démissionner le conseil municipal de Bordeaux pour retrouver sa place comme si de rien n'était, arriva au gouvernement en se prétend écologiste nouvellement convaincu, et visa enfin une place de député. Le tout en même temps ! Votez pour moi, je mettrai quelqu'un d'autre à la place et si je perds un boulot vous m'aurez offert une jolie assurance. Ouf certains ont fini par craquer et ont profité que les autres croient le meilleur d'entre nous indéboulonnable au point de ne pas aller voter. Heureusement pour lui que les députés UMP étaient là pour nous culpabiliser de son échec ! Une grande perte pour la France qu'ils disaient...

Ensuite la victoire de la gauche (je sais c'est exagéré mais bon). Amusant de voir comment une simple allusion à la TVA peut braquer les électeurs. A moins qu'à force de répéter en coeur avec les médias que le tsunami bleu arrivait, les gens légèrement à gauche n'aient fini par se vexer et ceux légèrement à droite par croire le deuxième tour acquis ? Ce serait donc encore une fois le matraquage médiathique qui serait à l'origine de ce revirement ?
Quand à l'idée d'un jeu sur la TVA, l'idée peut être intéressante mais le principe de chèque en blanc signé à N. Sarkozy s'est enfin vu aposer des limites. Car les idées du gouvernement ayant le plus de potentiel sont aussi les plus dangereuses (franchise, contrat unique, TVA...). Je respire un peu maintenant qu'une opposition possible existe, même s'il lui aura fallu jouer sur l'exagération pour pouvoir convaincre des gens un peu bêtes (ceux qui applaudissent quand on leur promet moins d'impôt et qui gueulent quand on leur en propose plus, et ce quel que soit le fond).

Enfin le plus beau, la rupture du couple de tête du PS annoncée en pleins résultats électoraux. Après avoir juré que la vie privée n'entrait pas en ligne de compte en politique et avoir lancé un procès sur ce thème, on apprend que finalement S. Royal avoue tout et officialise la rupture, tout en préparant la prise de contrôle du PS. L'amour n'est décidément qu'une donnée de plus dans la longue course au pouvoir.

Heureusement, pendant ce temps les ténors socialistes continuent de parler de rénovation et de responsabilité devant les caméras. "Il ne faut pas parler de la réforme, il faut la faire"... disait D. Strauss-Kahn pour la centième fois en public. Ca promet.
par Mangelune publié dans : Politique
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Samedi 16 juin 2007
Alors que se profilent Lost 3, Desperate Housewives 2 et Heroes pour meubler notre été, la saga estivale pointe le bout de son nez : Mystère (un titre qui évoque de joyeux souvenirs de télé).

D'abord un extrait : l'héroïne tombe sur un carnet étrange et lance une phrase d'anthologie "Mais qu'est-ce que c'est que ça ?" avant de lire à voix haute ce qu'on a vu inscrit sur le papier (merveilleuse correspondance après ce que j'ai écrit sur les dialogues n'est-ce pas ?).

Suit une interview des deux scénaristes. Ils voulaient faire quelque chose de fantastique et ils ont joué avec les codes du feuilleton de l'été. Le sous-texte que j'en ai tiré est : on s'est amusé à jouer sur des notions abstraites, on ne parlera pas des personnages qui ne sont là que pour servir l'histoire et seront à la fois insipides et vaporeux. Prendre une feuille et dire "je vais faire du fantastique" est profondément débile. Parler de son travail sans passion, avec un petit air satisfait, comme si on devisait de l'ingéniosité avec laquelle on a rempli sa grille de mots fléchés laisse augurer un très très grand moment télévisuel.

Bien sûr je peux me tromper...
par Mangelune publié dans : Séries
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Vendredi 15 juin 2007
Bien, un bon dialogue doit avoir une voire plusieurs fonctions qui cachent partiellement du sous-texte. Quelle est l'origine du sous-texte ? Le conflit et par là les relations de pouvoir entre les hommes.

Ce qui est déjà assez vrai dans la vie l'est encore plus dans la fiction. En scénario, le conflit est la base. Sans conflit pas d'enjeu, pas de risques. Le conflit est motivé par le pouvoir : qui le détient, qui le veut et comment chacun va-t-il s'efforcer de l'avoir. Sur cette base il existe une multitude de possibilités : la force, la manipulation, la séduction, etc. Même des personnes qui s'adorent essaient d'obtenir l'ascendant sur l'autre et les discussions reflètent toujours les relations d'influence qui les lient.

Un exemple : une personne parle de politique et essaie de convaincre l'autre de ce qu'elle croit vrai. L'autre peut essayer d'imposer son point de vue, ou bien amener subtilement son interlocuteur à changer un peu sa vision des choses. Elle peut même écouter béatement ce que l'autre dit, ce qui ne signifie pas qu'elle est passionnée par le discours mais qu'elle garde son énergie pour plus tard, qu'elle veut montrer un aspect tolérant de sa personne ou qu'elle veut prouver combien elle l'aime (impressions qu'elle pourrait utiliser plus tard à son avantage). Tout dépend de ce qu'elle cherche dans cette discussion. Elle peut aussi se faire écraser par le verbiage de l'autre et ronger son frein en attendant la fin.

Le secret est donc de créer le sous-texte à partir de cette idée simple : on ne prononce pas une phrase sans un but précis, lui-même lié aux relations de pouvoir existantes. Un romantique veut séduire, un timide veut se protéger, un innocent veut comprendre pour pouvoir maîtriser un peu mieux la situation, etc.

Une des conséquences de cette vision est que rien n'est gratuit. Les informations ou les services sont précieux et seront utilisés par ceux qui les détiennent comme autant de moyens de pression. Bien sûr, payant ne veut pas systématiquement dire rémunéré en biens physiques, mais personne ne donne sans espérer en tirer bénéfices. Par exemple, la religieuse qui offre sa vie aux pauvres le fait pour se donner bonne conscience.

Tout l'intérêt de cette façon d'aborder le dialogue est de décrire de façon réaliste toutes les étapes. Une fois que vous aurez déterminé quels sont les buts des protagonistes, vous pourrez choisir pour chacun une ou plusieurs stratégies, comprendre comment et pourquoi ils réagissent à chaque argument de leur "adversaire", et en filtrant cette réaction avec leur façon de parler créer les lignes de votre dialogue.
par Mangelune publié dans : Techniques de scénario
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