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Je m'appelle Vivien Feasson alias Mangelune (mon nom de plume en quelques sortes).

Je suis "métiers du cinéma" de formation. Ca ne veut rien dire et c'est normal, grâce à mes études je ne peux en effet exercer aucun mêtier véritable. Disons que je suis auteur-scénariste-réalisateur en devenir, en attendant le jour où on me fera confiance.

J'aime la fiction sous toutes ses formes, du livre au cinéma en passant par la télévision, et le jeu de rôles.

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Mercredi 19 septembre 2007
Une chirurgienne passe dans un couloir et parle d'une maladie. Un chef de service la regarde passer, se tourne face à la caméra, une collègue derrière lui prenant un air concerné. Là il dit quelque chose dans ce style :

"Nos chirurgiennes ne sont pas seulement belles, elles sont aussi compétentes".

Je n'ai pas beaucoup regardé Hôpital. Le peu que j'en ai vu ne m'a pas convaincu du tout, vous vous en doutez. Les acteurs ne sont globalement pas formidables (ou mal utilisés), c'est tout juste si l'héroïne s'en tire un peu mieux (pourquoi les actrices françaises se ressemblent-elles toutes bon sang ?). Tout le monde a l'air ultra concerné dès qu'il dit trois mots, tout est bien explicatif...

Toujours est-il que la série a fait un bide. Pas forcément pour les bonnes raisons puisque Joséphine Ange Gardien et Louis la Brocante tiennent encore le haut du pavé avec leur morale dégoulinante. Hôpital s'achèvera lundi prochain après une discrète saison de six épisodes.

Il paraît que Les Bleus, sur M6 ce soir, est très bien, je vais voir ça.
par Mangelune publié dans : Séries
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Mardi 11 septembre 2007
Je progresse dans mes recherches des raisons du retard français en matières de séries. J'ai désormais un nombre d'explications assez saisissantes :

Tout d'abord sachez que le faible nombre de chaînes et l'entente qui règne entre elles, au moins dans la fiction, a fait que peu de groupes se sont partagés un gros gâteau. Il leur suffisait de ne pas diffuser deux oeuvres originales et nationales le même soir pour ne pas avoir à s'entredéchirer. Un peu comme quand dans la téléphonie les opérateurs s'entendaient pour ne pas avoir à baisser les prix. Qu'importe la nullité de mon programme, en face il n'y a que des shows et des rediffusions et le spectateur n'a pas le choix.

Ensuite, sachez que le diffuseur intervient aussi sur les créateurs. Tout d'abord en sélectionnant ce qui doit passer : il faut chercher à tout prix le consensuel pour toucher un maximum de personnes, éviter tout ce qui est original de peur de choquer. Désormais, ce qui dépasse du lot ne vient que de l'admiration des spectateurs pour les séries américaines, conduisant les décideurs à vouloir de pâles copies à moindre coût sans jamais oser la différence et l'originalité.

Ensuite il faut diviser les différents créateurs, supprimer les contacts entre scénaristes, réalisateurs, acteurs, techniciens. Il faut les engager au dernier moment, leur faire signer des contrats au tournage voire à la remise de l'oeuvre finie (certaines mini-séries voient leurs auteurs payés uniquement si le film est diffusé !). Impossible de se révolter quand la profession est divisée, précarisée, séparée de ses alliés naturels. Celui qui refuse perd son gagne pain et disparaît.

Enfin, chaque maillon de la longue chaîne de production met son grain de sel dans l'histoire, retouchant les textes, les faisant réécrire au dernier moment, ne donnant qu'une partie du script aux acteurs, les empêchant de communiquer avec les auteurs, les faisant engager par des directeurs de casting, leur refusant la moindre répétition. Pas de directeur artistique en France, la vision globale de l'oeuvre n'existe pas et personne ne sait au juste ce qu'il crée.

Comment dans ces conditions concevoir une fiction saine et dynamique ? Les USA réussissent la gageur de détenir l'argent et l'audace. En France, on a pas d'argent (soi-disant), mais on a...


des spectateurs dociles ?
par Mangelune publié dans : Séries
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Mardi 11 septembre 2007
Et voilà c'est la rentrée, difficile de reprendre le clavier après tout ce temps. Je vais donc commencer par un truc facile : un bilan des séries de l'été.

Urgences saison 13 : commençons par la grand mère des séries. Après une petite baisse de régime et des épisodes bien absurdes, on peut dire que cette saga a su remonter la pente. Si une très légère lassitude ne peut être réprimée, il est difficile de ne pas saluer la haute tenue de l'ensemble. Abby/Kovac assument leur rôle de parents et se marient, Maurice devient responsable, Neela va de déceptions amoureuses en drames (qu'a-t-elle fait pour mériter ça ?)...
Forest Whitaker incarne un patient victime d'une erreur médical et imprime à cette saison une idée nouvelle et excitante  : nos médecins croient désormais travailler du mieux qu'ils peuvent et s'endorment sur leurs lauriers. Un nouveau chef de service arrivera pour clore la saison et semblera nous adresser ce message : Urgences cesse désormais de se reposer sur sa célébrité passée pour se dépasser.

Desperate Housewives saison 2 : j'en avais entendu des critiques sur cette saison (j'attends de voir la 3 pour me prononcer définitivement). Quelques ressorts varient, l'intrigue principale est extérieure donc peu intéressante, les choses vont et viennent sans vraie ligne directrice... restent Bree qui devient littéralement folle et Lynette qui échange son rôle de mère au foyer avec son mari, sans doute les deux pistes les plus marquantes. Le désir de maternité de Gabriel serait intéressant s'il ne bouclait pas finalement la théorie comme quoi toutes les femmes veulent des enfants même si elles ne le savent pas (tu parles d'un féminisme !). Susan quand à elle va et vient tellement dans ses amourettes que ça en devient lassant. Les relations entre les personnages secondaires restent marrantes, Mike et les prétendants de Susan, Mme McCluskey, Paul Young contre Mme Tillman...

Heroes : ah on en aura causé de la série événement. Sa chute de popularité est vraisemblablement due à son caractère tortueux et feuilletonnant. L'intérêt repose dans le suspense assez bien dosé, avec des révélations régulières faisant progresser l'intrigue. Cela n'empêche pas nombre d'incohérences, de détails gênants, ceci dit l'évolution solidement charpentée permet de ne pas s'y attarder. Les effets sont bons, la réalisation carrée, on trouve même au début des éléments gores distrayants. Reste qu'une fois vue cette série n'impose guère une seconde vision ; la surprise sera passée et les travers deviendront sans doute trop évidents. Tout cela reste assez creux compte tenu du peu de développement des personnages, abandonnés à l'histoire.

Lost saison 3 : le début est atroce. Prisonniers d'une île ils sont encore fait prisonniers d'une autre île et d'une cage, et doivent s'évader pendant 6 épisodes ! Tout est assez chiant, les mystères lestent les relations et nous empêchent de les apprécier, les flash back se font ennuyeux par leur côté systématique... jusqu'aux derniers épisodes, où enfin Sawyer fait un bond en avant, où Locke cesse d'aller et venir entre gloire et pathos (un épisode génie, un autre gars perdu qui croit en rien), où Jack se montre enfin prêt à tout pour partir. Le dernier épisode est génial dans la mesure où tous les obstacles sont abattus violemment là où, cynique, je voyais déjà le retour au statu quo. Enfin, tout ça m'oblige à attendre la saison 4 en me disant que s'ils me font encore une saison pourrie avec trois épisodes terribles à la fin, je lève le camp.

Par contre désolé je n'ai pas vu la fin de Mystère et la Prophétie d'Avignon. J'ai même loupé le pilote d'Hôpital... tss je suis incorrigible.
par Mangelune publié dans : Séries
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Mercredi 11 juillet 2007
Je viens de terminer les six épisodes de la saison 1 de la série française Police District, diffusés dans les années 2000. La série dans son ensemble contient 3 saisons de 6 épisodes en tout et pour tout (il semble n'exister que les deux premières années en DVD). Dix-huit épisodes donc, soit à peine l'équivalent d'une seule saison aux USA, pour une des rares tentatives de modernisation d'un paysage moribond. Sept ans déjà, et pas grand chose à regarder.

Police District se veut "à l'américaine" : titre anglais, ambiance noire sous forme de polar nerveux... On n'est pas ici chez Julie et ses flics sympathiques, ni chez PJ et ses acteurs dotés de la diction de Pivot. L'influence principale est d'ailleurs immédiatement visible : NYPD Blue. Un commissariat, des flics sombres et taciturnes, des histoires personnelles, une caméra mobile, des plans de coupe dévoilant la ville jusque dans ses recoins. Ici on mâche ses mots, on n'articule pas (presque pas assez). Le langage est abrupt, on est pas des anges et la vie n'est pas en noir et blanc. Certains thèmes traités sont courageux (enfin pour une série française) et font écho à une réalité bien connue mais rarement montrée dans sa complexité.

Alors ce n'est pas parfait loin de là. Certains acteurs jouent mal voire très mal, on trouve encore des poncifs de l'écriture française avec des dialogues variables (certaines formules d'argot font vraiment vieille France et tombent comme un cheveux sur la soupe moderne et réaliste qu'on veut nous servir), le ton n'est pas toujours juste, certains scénarios sont un peu mal foutus sur les bords...

Mais cela n'empêche pas Police District d'être une série de très bonne facture, et il est possible de surcroît qu'elle se soit encore améliorée au fil des deux autres saisons. Elle a pour elle d'associer une très bonne réalisation, une vision enfin réaliste de la police, des personnages assez justes et des dialogues moins anonés que d'habitude. Hélas elle fut brutalement stoppée avant son quatrième printemps ; il faut dire qu'entre les diffuseurs et le public abêti par ce qu'on lui sert à longueur de temps, un OVNI un peu brutal n'avait pas la moindre chance...
par Mangelune publié dans : Séries
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Mercredi 4 juillet 2007
La voilà la fameuse loi sur les mineurs, avec peines plancher et tout, présentée comme un durcissement de la punition des délinquants multi-récidivistes. Pourquoi ? Pour dissuader les autres ; parce qu'une victime se moque de l'âge de son agresseur ; parce que l'angélisme de gauche (ou de droite vieillote) c'est fini ; parce que les mineurs sont désormais aussi odieux que les majeurs ; pire même, les majeurs utilisent souvent les mineurs pour commettre leurs crimes odieux en toute impunité !

Si on examine et on écoute ça et là les critiques, on trouve un autre visage :
- La suppression de l'excuse de minorité ne concerne que les crimes graves (meurtre, viol etc.). Pas sûr que les banales agressions, souvent verbales, qui ont motivé l'élection de notre nouveau champion soient donc touchées. En plus, on ne connaît pas le nombre de criminels visés ce qui fait potentiellement de cette partie quelque chose qui ne concerne pas grand monde. Le plus drôle étant que la possibilité de suppression de l'excuse de minorité pour crime grave existe déjà dans la loi.
- La loi des peines plancher n'a pas un caractère obligatoire, elle oblige seulement le juge à expliquer sa décision par écrit (là où il devait auparavant expliquer l'incarcération). C'est donc aux juges de décider quoi faire... comme avant.

En gros rien ne change, sauf le principe. On passe d'une justice où l'incarcération doit être le dernier recours à une justice où la non-incarcération doit être le dernier recours. Ce n'est donc pas une loi qui donne de nouveaux moyens à la justice mais qui lui envoie un nouveau message.

Attaquons maintenant la partie philosophique de la loi :
- Tout d'abord, partir du principe qu'un enfant délinquant doit être emprisonné est contraire aux droits de l'enfant.
- L'intimidation : pourquoi un meurtrier ou un violeur serait-il intimidé par une telle loi ? Les mineurs violeurs se posent-ils la question de leurs droits avant de commettre leur délit ? L'excuse de l'intimidation a toujours prouvé sa vacuité. Il faut donc chercher la raison ailleurs...
- La prévention : durcir la punition du récidiviste, c'est éviter qu'un individu commette plusieurs fois le même crime et retourne toujours à la liberté. C'est aussi faire croire qu'un juge ne prend jamais en compte les crimes précédents de l'accusé, ce qui n'est évidemment pas le cas. Il faut donc chercher la raison ailleurs...
- La punition ! Mais oui voilà la raison, on la trouve même dans la bouche de notre président : une victime se soucie-t-elle de l'âge de son agresseur ? C'est dit, la justice n'a pas vocation a préserver la paix et assurer sa pérénité, elle a vocation à punir pour alléger le coeur de la victime, et par là même, de l'opinion publique. Car l'opinion a soif de sang. Envoyer un criminel en prison c'est souvent l'installer dans un cycle de criminalité sans fin. Pourquoi l'y envoyer alors, plutôt que de créer des écoles spécialisées ? Pour que l'opinion publique sache que les criminels sont punis et qu'ils souffrent entre quatre murs. Mais de façon humaine. Mais pas trop non plus. Enfin bon on jongle avec l'opinion quoi. Reprendre l'éducation d'un enfant, c'est affirmer son propre statu de victime. Et pour N. Sarkozy, un bourreau n'est en aucun cas une victime, il n'existe aucune perméabilité. Je vais d'ailleurs, en passant, éviter une remarque acerbe sur les gènes des bourreaux qui les prédestinent peut-être au crime impliquant qu'un assassin ne sera jamais réhabilité, ça laisserait une solution trop amère...


Bref voilà une loi qui n'a qu'un but : changer le message adressé à la justice. On ne part plus du principe qu'un enfant délinquant peut être remis sur le droit chemin, ou bien on se dit que si il peut l'être il doit l'être très vite parce que la justice n'a pas que ça à faire et que l'angélisme ça va bien deux minutes.
Fin de la justice réparatrice, qui punit mais en même temps essaie aussi de re-conformer le criminel. Comme la société semble désormais incapable de récupérer ses enfants turbulents (que ce soit vrai ou pas, les gens le croient désormais), on essaie maintenant de les enfermer le plus longtemps possible. Donc de les faire disparaître. Donc de les tuer, symboliquement. Pour le moment...
par Mangelune publié dans : Politique
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