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Je m'appelle Vivien Feasson alias Mangelune (mon nom de plume en quelques sortes).

Je suis "métiers du cinéma" de formation. Ca ne veut rien dire et c'est normal, grâce à mes études je ne peux en effet exercer aucun mêtier véritable. Disons que je suis auteur-scénariste-réalisateur en devenir, en attendant le jour où on me fera confiance.

J'aime la fiction sous toutes ses formes, du livre au cinéma en passant par la télévision, et le jeu de rôles.

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Mardi 16 janvier 2007
Et voilà, preuve que les temps changent, Arte diffuse depuis deux semaines déjà Re-Genesis de Christina Jennings, série canadienne mettant en scène des scientifiques chargés d'enrayer les épidémies.
Je suis tout d'abord assez surpris par le choix d'Arte (j'aurais plus vu personnellement des séries HBO comme 6 feet under ou d'autres oeuvres récentes à l'univers décalé) : sans mettre en doute sa qualité, Re-Genesis est assez traditionnelle dans son ensemble.

On a droit au mélange efficace et appréciable de détails scientifiques réalistes (sur une solide base réelle m'a-t-on dit) mêlés à des histoires de haute volée qui sans cette base crédible paraîtraient absurdes (la résurrection du Christ, un clone...), tandis que quelques effets nous montrent des scènes vues par différents personnages. On sent l'apport de séries antérieures comme Les Experts/Urgences (pour le vocabulaire scientifique qui donne de la prégnance aux épisodes) ou Boomtown (pour la fragmentation du temps) sans parler des splitscreens à la 24h chrono. Ces effets temporels ne sont en revanche pas tout à fait gratuits : les personnages livrent souvent une course contre la montre et le temps n'est pas leur allié.

Après un début plutôt cérébral, le contact avec des personnes infectées puis la mort d'un des personnages principaux (et ce dès le 3ème épisode) change la donne brutalement. Protégés au sein d'un laboratoire sécurisé, les personnages se voient néanmoins confrontés aux maladies et aux attentats, une façon de dire au spectateur qu'il aurait tort de les croire à l'abris des problèmes qu'ils s'efforcent de résoudre. Cela évidemment a pour effet de nous impliquer d'avantage et de renforcer l'empathie vis à vis de l'équipe.

On trouvera enfin les inévitables relations conflictuelles au travail et dans la vie, le chef des généticiens étant lui-même un père particulièrement râté. Bref une série bien foutue pour le moment, assez prenante, bien documentée. Les canadiens ont déjà une longueur d'avance sur nous !
par Mangelune publié dans : Séries
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Samedi 13 janvier 2007
Une des seules séries en France à m'avoir convaincu est Kaamelott. Alors évidemment tous les épisodes ne sont pas au même niveau, certaines incursions dans le dramatique n'ont pas forcément été gérées au mieux mais je reste assez admiratif devant ce qui globalement constitue un petit bijoux au coeur d'une marée noire.

Un temps, je me suis dit qu'Alexandre Astier (le scénariste réalisateur acteur compositeur et j'en oublie) avait choisi de bons acteurs là où ailleurs régnait le copinage, et puis on m'a rappelé que la moitié de sa famille (qui sont comédiens à la base quand même) jouait dans la série. Soit.

J'ai aussi vu une interview, où il disait choisir ses acteurs non en fonction d'un casting mais après les avoir vus jouer (a priori au théâtre puisque c'est son milieu de prédilection, il a d'ailleurs monté plusieurs pièces). Cette idée vient d'ailleurs infirmer une théorie généralement admise : le problème des acteurs de cinéma en France, c'est que ce sont des acteurs de théâtre ! Bizarrement, dans Kaamelott ça coule tout seul, on a vraiment le sentiment que chacun est son personnage.

La première théorie est qu'Alexandre Astier choisit ses acteurs en fonction des rôles à pourvoir, voire même adapte ses rôles aux acteurs qu'il choisit (il semblerait en effet que ce soit quelqu'un qui agisse à l'intuition et retravaille assez peu ses textes). Il y aurait donc une intéraction entre acteur et écriture pour obtenir au final une véritable incarnation du rôle.

La deuxième théorie est que les dialogues, utilisant énormément d'argot de toutes origines, paraissent plus vraisemblables que les textes ampoulés habituels. Les personnages râlent, gueulent, s'insultent tout le temps, un peu comme on le fait finalement au sein d'une famille moderne (si je regarde la mienne déjà, on ne se parle pas posément ni poliment en général, même pour des broutilles). Les discussions de Kaamelott sont des conflits permanents. Hors un conflit ce n'est ni plus ni moins que le sel de la dramaturgie.

La troisième théorie, qui donne son nom à l'article, c'est que les dialogues progressent par a coups. Les personnages hésitent en permanence et ne semblent crier que pour cacher désespérément leurs faiblesses (surtout quand ils sont pris en défaut par l'autre). Quand on leur demande des précisions, ils bégaient ou crient plus fort.
Dans les autres séries, on voit d'avantage de donneurs de leçons, de grandes tirades pleines de certitudes énoncées sur un ton péremptoire (et non pas perpendiculaire, les fans me comprendront), bref des personnages imbus d'eux mêmes et donc peu sympathiques.

La question, qui ne trouvera de réponse que lorsque la série s'y confrontera, est : ce style dynamique et conflictuel pourra-t-il passer le cap du long métrage, ou n'est-il finalement qu'une superbe façon d'incarner des scénettes de 5 minutes ? J'espère de tout coeur que son créateur me prouvera qu'on peut faire 50 minutes ou même 1h30 de Kaamelott, et s'en inspirer pour d'autres registres.
par Mangelune publié dans : Séries
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Vendredi 12 janvier 2007
Bon je vais sans doute pas faire le tour du sujet en une fois, d'autant que le mystère reste pour moi entier : quand arrivera enfin le grand soir de la série française ?

Après avoir de nouveau jeté un oeil à Service médical d'urgences (le Urgences à la française), après avoir vu David Nolande, Julie Lescault, Crimes en série, Préjudices et bien d'autres, je n'arrive pas à trouver de l'intérêt là où mon amour des séries américaines va grandissant. Et je ne parle même pas des Louis la Brocante ou Jospéhine ange gardien perclus de pudibonderie et de bons sentiments.

Quelle est la raison de pareils échecs ? J'ai beau chercher, je ne trouve jamais de réponse satisfaisante. Parmi toutes les hypothèses relevées, je retiendrai :

- Les scénaristes sont sous-payés : un scénariste sous-payé, c'est quelqu'un qui n'a pas le temps de se renseigner, de faire un travail crédible, d'aller sur le terrain. C'est donc moins d'anecdotes qui ancrent le récit dans la réalité, et plus de grosses généralités.
- Certains scénaristes sont pédants :  avant même d'avoir fait un truc pas mal, ils pensent à faire de l'Art. Au lieu de voir l'art sortir du détail, l'auteur voudra directement passer au grand message universel. Cela nous donnera alors de jolis dialogues explicatifs et creux comme on en voit tellement.

- Ceux qui détiennent le pouvoir (ça dépend du contexte, ça peut être le producteur ou les décideurs de la chaîne) croient pouvoir prévoir les attentes du public. Le public est con, il veut qu'on l'endorme, qu'on le rassure, il veut de belles histoires, etc. On fait alors une série non pas pour parler de quelque chose mais pour flatter un public. Ou l'éternelle histoire de la fiction attrape-pognon où on ne fait que penser au public (qu'on opposera à la fiction nombriliste où on déteste s'amuser ; j'adore les extrèmes décidément).
Je me souviens d'une des responsables de David Nolande disant que le public était enfin prêt à voir des fictions fantastiques. Parlait-elle de ce même public regardait X Files depuis plus de dix ans, Urgences ou Buffy ? Le public ne peut hélas regarder que ce qu'on lui propose, mais il est aisé d'en faire le décideur de tout.

- Les dialogues sont mous, peu crédibles, tous les personnages ont droit au même style de phrasé (ils se ressemblent donc tous). Pas d'argot, quelques grossièretés quand ils sont vraiment très très en colère. En plus ils parlent tout le temps, jamais un silence gêné, jamais un regard qui en dit long. Ils ont tous l'air arrogants, se tutoient, font les bravaches. On dirait des coqs lâchés dans un poulailler, employant un mélange improbable de familiarités et d'expression désuettes.
- Certains acteurs jouent mal. Très mal. Ils n'ont jamais la tête du personnage, ils n'incarnent pas le personnage en fait. Il parait que le choix des acteurs se fait par copinage par le biais de grosses boites de casting. Il faut croire que c'est vrai. Jouer un rôle à contre emploi c'est bien, mais il faut avoir beaucoup de talent pour ça. Je ne crois pas à l'acteur qui peut tout jouer. Un acteur c'est aussi une carrure, une présence, un visage. Si le scénariste ou le réalisateur ne choisit pas judicieusement ses acteurs en fonction de ses personnages, ça ne marchera jamais.

- En France on aime bien entendre tout dans la bande son. Les patins sur le sol, la vaisselle qui fait du bruit, les couinements de la table... De plus, quand un acteur parle sa voix se réverbère étrangement, comme s'il passait sous un tunnel. Etrange.
Beaucoup de films étrangers préfèrent ne laisser que les sons indispensables au récit. C'est en quelques sortes la différence entre l'impression de réel et le réel : un film n'est pas la réalité, c'est une interprétation de la réalité et donc quelque chose qui a du sens.
- La mise en scène est soit mollasse (par exemple dans deux séries médicales , on a de longs plans fixes en France contre des plans caméra à l'épaule en Amérique), soit ponctuée d'effets tellements appuyés qu'on dirait des gosses jouant avec leur nouveau matériel.

Evidemment chaque série n'a pas tous ces ingrédients. Ce genre de travers se retrouve néanmoins fréquemment. Et il doit y avoir d'autres choses. Les créateurs et acteurs eux-mêmes pourraient sans doute mieux l'expliquer, mais il est difficile d'être à la fois juge et partie. Si vous avez des idées là-dessus, n'hésitez pas...
par Mangelune publié dans : Séries
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