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Bienvenue sur mon blog

Je m'appelle Vivien Feasson alias Mangelune (mon nom de plume en quelques sortes).

Je suis "métiers du cinéma" de formation. Ca ne veut rien dire et c'est normal, grâce à mes études je ne peux en effet exercer aucun mêtier véritable. Disons que je suis auteur-scénariste-réalisateur en devenir, en attendant le jour où on me fera confiance.

J'aime la fiction sous toutes ses formes, du livre au cinéma en passant par la télévision, et le jeu de rôles.

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Vendredi 14 décembre 2007
Je voudrais faire un article sur la façon de rédiger un scénario. Ca n'intéressera que les scénaristes en herbe, mais ces derniers sont peut-être dans la même situation que moi quand ils entendent les "pro" dire "un scénario professionnel ça se voit tout de suite". Comment cela se voit-il ? Comment doit-on rédiger ces foutus trucs en France ? Je vais comparer trois méthodes : la française façon semi-pro, la française façon pro et l'américaine.

Méthode française semi-pro


Selon certains ouvrages théoriques, une page doit représenter environ 1 minute du film à venir. De plus, chaque paragraphe symbolise un plan (ce qui est filmé d'une seule traite par la caméra), une "image" de l'oeuvre future. Quelques exemples : "une main se pose sur l'épaule de Jean", "sur le sol se trouve une tache de sang" ou bien encore "dans son oeil se reflète la ville et ses lumières". Le scénariste s'efforce de décrire les actions le plus précisément possible en s'en tenant le plus possible aux faits, sans effets littéraires ou jugements.

Cette méthode donne la part belle aux description et conduit à un scénario qui est finalement une oeuvre d'auteur-réalisateur et non de simple scénariste. En effet, tout étant découpé en imaginant le film futur, cela laisse beaucoup moins de marge au réalisateur et est donc plus approprié pour un court-métrage ou une oeuvre que vous voulez réaliser. Exemple (simple hein) :

6. INT/JOUR. CHAMBRE

Une chambre des plus banales, avec un grand lit douillet, une table de chevet et un bureau. Sarah, assise au bord du lit, fume une cigarette. Jacques est couché et lit.

Jacques regarde Sarah et sourit.

JACQUES
Sarah ?

SARAH
(sans se retourner)
Hmm ?

JACQUES
Je t'aime.

Sarah se retourne et lance un regard furieux à Jacques.

SARAH
(choquée)
Tu t'en fous de ce que je pense ?

Jacques est bouleversé par la réponse.


Méthode française professionnelle

En trouvant par miracle une poignée de scénarios de film/série français, on découvre qu'il ne faut en aucun cas décrire de façon aussi détaillée les événements. Un peu comme au théâtre, place aux dialogues, les lieux et les actions étant surtout détaillés en tout début de séquence.

Contrairement donc à ce qu'on croit souvent quand on débute, les scénarios français ne sont pas austères mais se veulent des morceaux de littérature (ce qui me fait personnellement ricaner, enfin...). Ils ont toutefois le mérite de ne pas voler la vedette au réalisateur qui reste libre de filmer comme il l'entend.


06 CHAMBRE SARAH - INT.JOUR

(Sarah, Jacques)
Une chambre des plus banales, avec un grand lit douillet, une table de chevet et un bureau. Sarah, repliée sur elle-même, fume pour se détendre. Jacques lit en toute innocence.

Tout à coup, Jacques, égocentrique,  s'autorise un élan d'amour.

JACQUES
Sarah, mon amour ?

SARAH
Qu'est-ce qu'il y a ?

JACQUES
Rien. Je t'aime.

SARAH
Tu te moques bien de ce que je pense, n'est-ce pas ?



Méthode américaine

Là, finie la poésie et les longues didascalies. Les Américains vont à l'essentiel. Le début de la séquence installe la scène, le reste n'est que dialogues, ponctués de très rares indications de jeu. Difficile à croire quand on voit le travail sur le mouvement ou le jeu des oeuvres anglo-saxonnes, et pourtant tout cela est décidé par le réalisateur a priori. Chacun son rôle en quelques sortes.

INT. CHAMBRE DE SARAH. JOUR

(Sarah, Jacques)
UNE CHAMBRE ORDINAIRE. SARAH FUME, ASSISE. JACQUES LIT, COUCHE.

JACQUES
Sarah ?

SARAH
Hmm ?

JACQUES
Je t'aime.

SARAH
T'en as vraiment rien à foutre de ce que je pense !

Note de conclusion

Bon alors évidemment tout ça n'est que suppositions et déductions. Peut-être les scénaristes français professionnels peuvent-ils se permettre ces libertés une fois leur statut enterriné (par une oeuvre vendue par exemple) ? Je crois néanmoins que la peur de faire un travail de commande et non de le l'Art, associé au besoin de séduire inhérent à tout marché compétitif les conduit  au contraire des Américains à plus de littérature, au risque de contaminer ensuite leurs propres dialogues. Je pense que ce qu'il faut surtout retenir c'est que votre prose doit être claire, limitée au nécessaire et qu'il ne faut pas voler son travail au réalisateur. Cela évitera peut-être qu'il se sente obligé de réécrire vos dialogues en représailles...
par Mangelune publié dans : Techniques de scénario
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Lundi 3 décembre 2007

Un article pour parler (très) rapidement de la culture geek et surtout de son impact de plus en plus important sur la culture.

Pour aller très vite, le geek n'existe pas en soi, c'est une catégorie qui contient autant de prétendants que de différences. S'il fallait tirer son portrait grossièrement, je dirais qu'il s'agit de cet éternel adolescent fan de Star Wars, de jeux de rôles, de figurines, de jeux vidéos, de cinéma de genre et de toute cette sous-culture qui lui a valu très jeune la réputation d'être un puceau farfelu dans les cours de récréation.

Seulement voilà, la génération geek à laquelle j'appartiens a vieilli. Elle a désormais trente-quarante ans, s'est installée, a des enfants et travaille. Certains ont totalement abandonné leurs amours d'antant mais beaucoup sont restés les passionnés qu'ils étaient hier. Et quelques uns se sont lancés dans le cinéma et la télévision, comme Sam Raimi, Peter Jackson, Quentin Tarantino ou Joss Whedon (le créateur de Buffy). Voir le Seigneur des Anneaux au cinéma est un rêve de geek devenu réalité, et chaque nouveau film de geek montre à ceux qui se voient souvent comme des gosses un peu honteux qu'il leur est possible de vivre sans se renier et même que sous-culture et fiction font bon ménage, y compris auprès de ceux qui ont toujours pris soin d'éviter les loosers boutonneux. A l'heure où le destin de chacun est de travailler plus pour sauver l'économie, certains aspects de la "geek-culture" ont quelque chose de rafraichissant.

Si on excepte les gros réalisateurs mastocs, l'équipe la plus marquante à mes yeux est celle de Edgar Wright/Simon Pegg/Nick Frost, créateurs de la série Spaced (peu connue en France), de Shaun of the dead et de Hot Fuzz. Spaced mériterait un article à elle seule, montrant le quotidien de deux colocataires et de leurs amis sur 12 épisodes de 20' et usant d'une mise en scène référentielle, dynamique et hautement expressive.


En France, j'ai découvert cette semaine Nerdz, diffusé sur No-life TV et édité en DVD. Sorte de caméra café des geeks, on y découvre le quotidien de Dark64 l'accro aux jeux vidéos et de ses collocataires loufoques. Une série sympathique bien que trop "amateur" pour justifier l'achat du DVD ; à surveiller néanmoins en espérant qu'ils accèdent à d'avantage de moyens à l'avenir.

Pour finir, mentionnons Suck my geek un documentaire sorti sur Canal+ cette semaine, par des geek sur les geek. Je n'ai pas eu la chance de le voir mais sa diffusion montre bien un très léger changement de mentalités dans notre pays vis à vis de cet étrange animal, banni depuis trop longtemps de la contrée de l'exception culturelle.
par Mangelune publié dans : Séries
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Mercredi 28 novembre 2007
Aujourd'hui place du Trocadéro, pile poil en face de la Tour Eiffel ont manifesté les scénaristes de l'UGS et leurs soutiens (dont quelques wanna be scénaristes comme moi, ça fait de la masse dans le fond de l'écran). L'objectif : soutenir la grève des writers américains et faire entendre notre voix alors que les chaînes hexagonales envisagent de baisser leurs contributions à la fiction originale française.

Bon un soutien aux scénaristes américains c'est gentil, mais compte tenu du statut du scénariste ici c'est un peu comme si les ouvriers d'un pays pauvre s'insurgeaient contre les délocalisations en France. Nos homologues américains, par le biais de l'obligation de syndicalisation, ont un pouvoir dont on ne rêverait même pas ici. Le but était donc essentiellement d'utiliser le mouvement étranger pour mettre un coup de phares sur la France. Il n'y a aucun mal à ça, mais ça va mieux en le disant.

Edition du lendemain : pas vu de sujet sur les journaux TV hier soir, il paraît qu'ils en ont parlé dans la Matinale de Canal+, j'espère qu'ils le mentionneront ailleurs parce que c'est pas encore brillant. Marc Jolivet était venu nous soutenir (il me semblait bien l'avoir reconnu).

Enfin voici un endroit où trouver des photos de la manif : http://completementmarteau.hautetfort.com/archive/2007/11/29/j-etais-la.html
par Mangelune publié dans : Séries
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Lundi 26 novembre 2007
Bon temps pour la fantasy. Après le très intéressant 13ème guerrier, le célèbre Seigneur des Anneaux, l'iconographique 300, voici Beowulf. Ou comment ramener la fantasy à un peu de barbarie salutaire.

Tout avait pourtant mal commencé. J'ai d'abord trouvé le moyen d'aller le voir en VF (quelle honte). De plus les premières images m'ont immédiatement ramené à... Shrek ! Eh oui les personnages sur lesquels ont été plaquées les images de synthèses ont un arrière goût qui n'est pas sans rappeler le dessin animé ! Les visages sont étranges, les mouvements irréels, l'hydromel qu'ils ingurgitent semble glisser le long de leur peau... Quelle horreur !

Je commence donc à couiner lorsque soudain apparaît un morceau du monstre. Et c'est là que tout a commencé. Parce qu'en dépit des limites de la technologie chère au réalisateur Zemeckis ses monstres et l'attaque de la grande salle (empruntant au film d'horreur) sont extrèmement beaux. La violence fait partie du film, d'un bout à l'autre et les combats sont d'une sauvagerie incroyable. J'ai encore en mémoire la vengeance de la Mère, Beowulf se tranchant le bras, la cavalcade à dos de dragon... le tout sur fond de tambours venus accompagner la bataille et  ramener le spectateur à ses racines primitives.

Pourtant Beowulf ce n'est pas que cette boucherie bienvenue, c'est également un scénario solide. Là où le 13ème guerrier était bancal, là où le Seigneur des Anneaux traînait en longueur et là où 300 s'offrait inutilement de longues scènes d'une mièvrerie désolante, on n'a ici que ce que l'histoire exige, l'histoire d'un homme qui commet une faute et bâtit sa légende sur un mensonge, l'histoire d'une rédemption par le sacrifice et la gloire. Les dialogues (en français, la VF est de qualité, même la transposition du vieil anglais sonne juste) sont toujours dans le ton, les chansons semblent authentiques, bref on a le sentiment d'être transporté dans une autre époque et de côtoyer des héros. De plus aucun sacrifice n'est fait au politiquement correct, les guerriers ne pensent qu'à baiser et à se battre, les orgies sont dantesques et ce qui ne peut être montré est bien assez suggéré. Le scénario qui ne tombe à aucun moment dans la facilité ou le manichéisme (le traître n'est pas celui qu'on croit, et les monstres connaissent la tristesse plus que les humains).

Quelques bémols ? Allez, les talons aiguilles démoniaques d'Angelina Jolie et la technologie parfois aléatoire, notamment sur les visages (le héros a parfois une véritable tête d'abruti).
par Mangelune publié dans : Cinéma
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Vendredi 23 novembre 2007
Et ça continue !

Déjà une nouvelle fois via Libération avec le texte repris dans la rubrique Ecrans de leur site :
http://www.ecrans.fr/Tele-soupcon-de-coup-fourre,2629.html
et
http://www.ecrans.fr/Les-obligations-des-chaines,2630.html

Ensuite par le biais de l'intéressante émission de France 3 "Ce soir ou jamais" dans son édition du 21 novembre :
http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/article.php?id_article=352&id_rubrique=159

Alors dans cette dernière on trouvera pas mal d'approximations, des contradictions mais aussi des éléments d'information pour qui connaît mal les difficultés de la fiction française et les risques de la critique. Car en voulant une meilleure qualité hexagonale on se doit de critiquer ce qui existe, offrant ainsi un moyen aux chaînes d'au contraire se défaire de toute création de qualité ! Ils peuvent être très forts quand il s'agit de gagner de l'argent avec peu.
par Mangelune publié dans : Séries
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