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Bienvenue sur mon blog

Je m'appelle Vivien Feasson alias Mangelune (mon nom de plume en quelques sortes).

Je suis "métiers du cinéma" de formation. Ca ne veut rien dire et c'est normal, grâce à mes études je ne peux en effet exercer aucun mêtier véritable. Disons que je suis auteur-scénariste-réalisateur en devenir, en attendant le jour où on me fera confiance.

J'aime la fiction sous toutes ses formes, du livre au cinéma en passant par la télévision, et le jeu de rôles.

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Jeudi 21 juin 2007
Ne délirons pas j'ai regardé Clara Sheller hier soir. Mais, par probité, j'ai enregistré le premier épisode de Mystère. Et je l'ai vu. Et j'ai mal à l'âme désormais. Je m'étendrai sur la globalité plus tard, là j'ai surtout envie d'être mesquin. Extraits :

Phrases bateau

- C'est bizarre, la météo annonce un temps totalement clair (dit par le pilote à son co-pilote)
- Nom de dieu l'appareil est en chute libre ! (dit par le pilote alors que l'avion tombe)
- Ils se développent de façon précise et logarythmique (rapport oral d'un militaire)
- Tu vois ? La menace est toujours là (du sous-chef au chef)

- La fille arrive près d'un champ. La caméra fait le grand huit autour d'elle comme une mouche foule. La fille monte, la caméra fait des va et vient. Oh un cercle de culture (dur de donner un côté vraiment impressionnant à ça) : "C'est incroyable" dit la jeune fille.
Heureusement dix secondes plus tard un faux photographe pour assurer son déguisement dira "C'est dingue ce truc".
Ou comment compenser un jeu d'acteur inexistant. On pourrait suggérer "j'adore ce que je mange" ou "je vous trouve trop sympa".

- Il le faut Michèle (air concerné).

Monologue insipide

L'héroïne parle de son père, comme quoi il ne fuyait pas vraiment. Sa tante lui dit qu'elle se fait des idées, et là on ne sait pas pourquoi déboule un monologue brutal de l'héroïne qui devait vraiment souffrir d'avoir gardé ça pour elle tout ce temps. Après tout ça fait que 5 minutes que la tante est arrivée (et elle repartira juste après, heureusement d'ailleurs vu que c'est Lio qui joue la tante) :

"J'avais dix ans quand ma mère a disparu. J'ai trop longtemps espéré son retour pour y croire encore, et ne saurai sans doute jamais ce qu'il lui est arrivé. Mais pendant ces dix années elle m'a donné l'amour, la confiance et c'est grâce à elle que j'ai pu surmonter ce qui m'est arrivé depuis. Je sens sa présence près de moi et c'est tout ce qui compte."

Comportements irrationnels

Parce qu'il n'y a pas que des phrases plates et explicatives, il y a aussi des personnages qui disent tout, tout de suite et sans raison. Ou qui connaissent le scénario et du coup ne s'embêtent pas avec les connexions logiques.

- Le demi-frère lance sa haine au visage de l'héroïne après avoir fait semblant deux secondes d'être sympa (pourquoi s'embêter alors ?). Il lui dit ce qu'il pense, et lui détaille même le pourquoi (il la déteste mais bon il voudrait pas qu'elle s'imagine que c'est pour de mauvaises raisons).
- Lorsque le petit ami découvre que l'héroïne a des bleus, elle le rassure c'est juste quelqu'un qui l'a aggressé la veille. Lui tout de suite l'amène voir une copine flic pour qu'elle prenne sur le bracelet de l'héroïne les empreintes de doigts du méchant (comment diable sait-il qu'il y a des empreintes sur ce bracelet ?). Cela évidemment va mener nos héros à enquêter en marge des méchants militaires qui contrôlent tout ! Oh que c'est finement amené...
- La demi-soeur de l'héroïne a le malheur de dire que les trucs dans les champs s'appellent des Crop Circle et là tout de suite l'héroïne en conclut "dis donc t'as l'air de vachement t'y connaître". Ah ben oui la demi-soeur connait un scientifique spécialiste des cercle de culture... Moi je connaissais le nom juste en regardant la télé, je dois pas être normal.

Conclusion
Mystère a fait un carton hier soir. Comme quoi...
par Mangelune publié dans : Séries
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Samedi 16 juin 2007
Alors que se profilent Lost 3, Desperate Housewives 2 et Heroes pour meubler notre été, la saga estivale pointe le bout de son nez : Mystère (un titre qui évoque de joyeux souvenirs de télé).

D'abord un extrait : l'héroïne tombe sur un carnet étrange et lance une phrase d'anthologie "Mais qu'est-ce que c'est que ça ?" avant de lire à voix haute ce qu'on a vu inscrit sur le papier (merveilleuse correspondance après ce que j'ai écrit sur les dialogues n'est-ce pas ?).

Suit une interview des deux scénaristes. Ils voulaient faire quelque chose de fantastique et ils ont joué avec les codes du feuilleton de l'été. Le sous-texte que j'en ai tiré est : on s'est amusé à jouer sur des notions abstraites, on ne parlera pas des personnages qui ne sont là que pour servir l'histoire et seront à la fois insipides et vaporeux. Prendre une feuille et dire "je vais faire du fantastique" est profondément débile. Parler de son travail sans passion, avec un petit air satisfait, comme si on devisait de l'ingéniosité avec laquelle on a rempli sa grille de mots fléchés laisse augurer un très très grand moment télévisuel.

Bien sûr je peux me tromper...
par Mangelune publié dans : Séries
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Mercredi 13 juin 2007
Buffy the vampire slayer est une série mettant en scène des adolescents légèrement marginaux confrontés à des monstres qui sont autant de métaphores du passage à l'âge adulte. Une fois qu'on a dit cela, on peut s'intéresser à un autre aspect essentiel de cette série : le langage. Les séries américaines ont souvent une assez grande affinité avec la langue, contrairement aux séries françaises qui se montrent beaucoup plus ampoulées (Kaamelott mis à part), mais Buffy, par le biais de l'influence de son créateur Joss Whedon, va beaucoup plus loin dans ce registre.

Le langage comme jeu

Ce qui est appelé "Buffslang" en Amérique n'est ni plus ni moins que la langue anglaise maltraitée par la série. Néologismes et barbarismes sont en effet monnaie courante et créent en quelques sortes une forme d'argot propre au "Buffyvers" (l'univers de Buffy). Quel intérêt me demanderez vous ? Le plaisir qu'on peut ressentir à torturer les mots, le symbole du conflit générationnel, la'expression de la maladresse de jeunes personnes, le reflet des angoisses que l'on peut ressentir face à des mots incapables de répondre à des sentiments chaotiques... Certains trouveront cela puéril, d'autres constateront que ce procédé se poursuivit tout au long des sept saisons, portant l'anecdotique du procédé au rang de style particulier.

Le langage comme métaphore

Comme pour les monstres en fait ? Eh bien oui. Les personnages de Buffy bredouillent, se trompent continuellement. Jamais série n'aura autant pratiqué le lapsus, le quiproquo, l'amphibologie. Les mots semblent échapper au contrôle de leurs prononciateurs et révèlent bien malgré eux leurs pulsions (le fond est bien souvent sexuel évidemment). On parle en scénario de sous-texte : ce qui est dit n'est que la partie émergée de l'iceberg, au spectateur d'en deviner le sens caché. Ici le sous-texte déborde littéralement, transperse le langage maîtrisé. Comme si, finalement, le fait de parler d'individus marginaux, peu habitués à communiquer, permettait de montrer le peu de contrôle qu'ils ont sur eux-mêmes et sur leur place dans la société. Il est frappant de constater que le seul vrai personnage populaire du groupe, Cordelia Chase, parle sans heurts et laisse souvent ses pensées se déverser sans retenue, incapable de juger de ce qu'il est bon de garder pour soi.

Le langage comme mensonge

Arrivés là, on comprend que les personnages s'efforcent de cacher quelque chose. Comme dans toute bonne série en effet, en dépit du degré d'amitié qui les unit, les protagonistes se mentent. Ils ne dévoilent pas tout ce qu'ils savent, ils craignent de blesser et d'être blessés, ils laissent leurs histoires amoureuses dériver sans oser l'affronter.

C'est là qu'arrivent quelques coups de génie : les épisodes sur le langage que sont Hush, Once more with feelings et dans une moindre mesure le plus mineur Storyteller, soit respectivement l'épisode muet, l'épisode musical et l'épisode narré. Whedon a eu l'idée de génie de confronter ses personnages à des situations où ils ne maîtrisent plus du tout ce qu'ils disent et d'en faire non un simple amusement mais un bouleversement radical de la vie des héros. Dans Hush Buffy et Riley découvrent leurs identités secrètes, se voient forcés d'exprimer tout ce à quoi ils pensent par mime avant de se retrouver incapables de converser une fois le sort rompu. Dans Once more with feelings, un démon de la danse force les personnages à réveler ce qu'ils cachent à leurs amis dans des chorégraphies endiablées (ah ah). Enfin dans Storyteller, Andrew (un assassin vivant dans le déni) s'efforce de réaliser une vidéo-témoignage de sa vie de héros avant d'être violemment confronté à ses mensonges.

Conclusion
Il n'est pas surprenant de voir le désastre de la VF de Buffy.  C'est juste désolant dans la mesure où les traducteurs n'ont pas fait l'effort de rendre toutes les torsions et coups qu'infligent les personnages à la langue. Si tout cela constitue un des ressorts humoristiques principaux de la série, ce n'est pas pour autant gratuit mais participe à la profondeur de l'oeuvre. En conclusion je conseillerai donc à tous ceux qui veulent aborder la création de Joss Whedon de le faire dans les formes, à partir de la VO.
par Mangelune publié dans : Séries
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Jeudi 7 juin 2007
Cela n'amuse peut être que moi mais j'ai été récemment frappé par les points communs entre ces deux approches majeures de la psychanalyse et l'opposition entre série et cinéma (en simplifiant un peu) :

L'oeuvre de Freud se base sur la recherche de névroses, de zones d'ombre inconscientes qui encombrent l'esprit et nuisent à l'accomplissement. Pour pouvoir prétendre à la complétude, il faut identifier ces problèmes, les exposer et ainsi s'en débarrasser.
Un personnage de film est une personne avec un désir particulier, conscient ou inconscient, qu'il va s'efforcer de satisfaire en dépit de tous les obstacles. A la fin, soit il y parvient et obtient ce qu'il voulait, soit il échoue et le perd à jamais.

Pour Jung, l'homme possède également une part d'ombre  mais il ne peut s'en débarrasser. Au contraire, pour pouvoir vivre pleinement il doit non seulement la découvrir, mais apprendre à vivre en bonne entente avec elle, l'accepter pour mieux la contrôler. De plus, cette recherche de soi n'aboutit jamais vraiment car l'esprit humain est en perpétuelle évolution.
Dans les séries, le grand nombre d'épisodes et le besoin de fidéliser le public conduisent les scénaristes à créer des problèmes récurrents ou à recycler de vieux démons. Les problèmes psychologiques entre autres sont maîtrisés jusqu'à ce qu'un boulerversement les fasse ressurgir, à moins que leur disparition ne donne lieu à de nouveaux obstacles.

Un exemple simple : un homme désire une femme. Dans un film, il va lutter pour obtenir son amour et finir par triompher ou échouer. Dans une série, il va tout d'abord y parvenir, puis essayer de construire quelque chose avec elle avant de voir son couple péricliter et peut-être même concevoir du désir pour une autre, et ainsi de suite. Il faut perpétuellement se remettre en question, avancer, revivre de vieilles histoires, etc.

Tout cela pour dire que le cinéma est bien plus lié à Freud, ce qui lui permet de créer l'illusion d'un monde simple et fini, où le bonheur et le malheur existent en tant que tels (offrant au spectateur une vraie catharsis). La série, étant liée à Jung, est une représentation plus fidèle de la réalité et lorgne du côté de la sociologie, ne permettant pas une expérience aussi pure que celle du cinéma mais s'approchant bien plus de la vérité en quelques sortes.
par Mangelune publié dans : Séries
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Samedi 12 mai 2007
Hier soir étaient diffusés les deux premiers épisodes de Gréco, la nouvelle série fantastique sur France 2 qui suit l'initiative (mal)heureuse de David Nollande, celle de placer enfin des séries à teneur fantastique françaises en prime time et en 52 minutes.

Du côté des progrès, une image décidément de plus en plus léchée mais qui lorgne sans vergogne du côté du paysage américain. Sans vergogne parce qu'on aura beau habiller de cuir noir notre héros, lui coller une musculature d'athlète et un tatouage à la Jack-de-chez-Lost-en-face, on aura beau mettre sa copine un flingue au côté façon flic de choc, reste qu'on les verra évoluer dans le bel univers lumineux français avec ses commissariats ornés de drapeaux clinquants, ses voitures quasi neuves reflétant le soleil et ses paysages bucoliques desquels rien de glauque ne semble pouvoir surgir. Il n'y a pas ici d'univers visuel, de bible d'atmosphère qui permettrait de donner au tout une cohérence esthétique. Parce que l'esthétique coûte cher. On se contentera donc de spectres épaulés par quelques effets spéciaux pas vilains mais hélas assez déplacés dans un tel décors.

Gréco ne m'enlèvera pas non plus l'idée que nos scénaristes manquent principalement de science du dialogue et nos acteurs de justesse de ton. Contrairement à ceux de PJ, les personnages ne s'expriment pas suivant un unique ton didactique et professoral, mais changent de registre  comme de chemise. Parfois ampoulés, parfois vulgaires, parfois poétiques, parfois grotesques... on ne sait jamais ce qui justifie les variations de ton sinon un manque de cohérence. Les phrases sont encore trop longues, trop démonstratives, désespérément plates, là où les Américains utilisent des répliques courtes (avec un va et vient dynamique entre les interlocuteurs) et font place au jeu lexical et au sous-texte (le spectateur doit deviner ce qui se cache derrière les mots).
par Mangelune publié dans : Séries
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