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Je m'appelle Mangelune (c'est mon nom de plume en quelques sortes).

Je suis "métiers du cinéma" de formation. Ca ne veut rien dire et c'est normal, grâce à mes études je ne peux en effet exercer aucun mêtier véritable. Disons que je suis auteur-scénariste-réalisateur en devenir, en attendant le jour où on me fera confiance, et traducteur en attendant, ce qui est déjà bien.

J'aime la fiction sous toutes ses formes, du livre au cinéma en passant par la télévision, et le jeu de rôles.

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Lundi 31 janvier 2011 1 31 /01 /Jan /2011 16:16

Après le chouette livre sur Hayao Miyazaki, j'ai pu lire mon deuxième ouvrage des éditions Moutons Électriques, reçu pour noël :

bit-lit-lamour-des-vampires

Bit-Lit ! L'amour des Vampires

C'est le premier ouvrage théorique en France à traiter de la grande vague qui déferle dans nos Fnacs et exhibe quantité de jeunes femmes à la plastique irréprochable, armées de moult flingue et lattant des monstres auxquels elles finissent irrémédiablement par ressembler, les derniers rejetons de la Fantasy urbaine et des policiers féminins (des Harlequin diront certains), dévorés par quelques-unes, méprisés par beaucoup d'autres. Y a-t-il plus là-dedans que ce qu'on voit directement, ou ces ouvrages ne sont-ils que les déversoirs des fantasmes les plus éculés de nos concitoyennes, écrits à la chaîne, dénués de qualité d'écriture comme de fond ? Grand admirateur de Buffy et amateur d'Anita Blake, je me posais la question, d'où cet achat risqué.

Sophie Dabat m'a bel et bien apporté une partie de la réponse. Il y a quelque chose derrière cette vague que l'on considère un peu vite comme constituée uniquement de merdes conçues selon des recettes stéréotypées. Oh, certes, la vague en elle-même a bel et bien été fabriquée et alimentée en France par des éditeurs trop heureux de pouvoir vendre du livre (on peut les comprendre). Le succès retentissant de Twilight auprès des adolescentes et de certaines femmes n'a été que le propulseur d'une vague entamée en silence il y a plus de vingt ans. Car cette appropriation de l'horreur par la gente féminine n'est pas une simple mode passagère mais bel et bien une évolution importante d'un genre, son adaptation controversée à la société du moment. Bien sûr, l'emballement des sorties au détriment de toute raison finira par essouffler le désir des lecteurs et renvoyer tout cela dans les limbes en attendant la prochaine mutation, mais croire qu'un tel engouement a pu être créé de toutes pièces par les Agents du marketing serait se leurrer.

Cette littérature fleuve multipliant les tomes et les rebondissements devrait évoquer le roman feuilleton, le pulp, les comic-books, les séries, toutes ces créations de l'imaginaire qui ont eu l'ignoble prétention de préférer un style plus évident, plus accessible au grand-public (et donc d'être suspectées de pactiser avec l'ennemi de l'art, l'or), d'opter pour le foisonnement immédiat et les émotions au détriment de la réflexion et de la raison et souvent même, soyons honnêtes, de la qualité d'exécution. Car la qualité d'un Anita Blake comme d'un X-Men ou d'un Trois Mousquetaires s'apprécie moins sur un volume que sur une dizaine, tandis qu'au fil des épisodes les thématiques finissent par se dégager et les héros évoluer.

Les romancières pratiquant la Bit Lit ont en effet bien compris que l'intérêt du fantastique était de pouvoir parler de la sauvagerie qu'abritait l'être humain. La différence, le rejet, la place de la femme mais aussi ce qu'elle compte faire d'une liberté acquise avec difficulté, la sexualité, la mort... des sujets abordés un peu partout mais souvent traités de façon univoque, moralisatrice. Un écueil que parvient souvent à éviter cette littérature qui profite justement du manque de sérieux qu'on lui accorde pour aller jusqu'au bout de ses interrogations. Là où on pouvait s'attendre à ne trouver au pire dans ces œuvres qu'un érotisme digne d'un téléfilm aux couleurs chaudes, on voit se dérouler au fur et à mesure de la descente aux enfers du personnage principal tout ce que l'être humain recèle en guise de fantasmes inassouvis (jusqu'à la zoopholie métamorphe dans Anita Blake), le tout sans jamais perdre de vue la logique de la progression dramatique et psychologique des personnages. Les personnages principaux sont ainsi malmenés, isolés, maltraités, mais les choix difficiles qu'ils font dans l'adversité ne font au fond que les grandir.

Même une œuvre comme Twilight, souvent décriée en raison de certains aspects jugés réactionnaires et d'une écriture d'une simplicité désarmante, possède en elle une ambivalence puissante. Chasteté, sexe après le mariage, punition pour avoir fauté, amour fidèle... tout cela est justifié par de nombreux éléments scénaristiques relativement crédibles mais pâlit surtout devant la violence des désirs adolescents, le tiraillement de l'héroïne entre deux hommes emprunts de bestialité sans parler du refoulé qui fait brusquement son apparition dans le 4ème tome et explose littéralement au visage de nos protagonistes (mais comment vont-ils pouvoir s'en sortir au cinéma ?). Alors oui ; Twilight est une œuvre emprunte de mormonisme, mais cette religiosité morale semble perpétuellement en lutte avec la brutalité des désirs taraudant chaque être humain, et c'est sans doute ce tiraillement terrible qui a contribué à faire de la tétralogie un tel succès.

Il est probable qu'on parlera avec nostalgie de cette vague créative dans quelques années, oubliant les mauvais produits que le succès finit toujours par faire émerger, oubliant aussi qu'en 2010 les amateurs de fantastique en sont les premiers détracteurs, comme ce fut sans doute le cas pour les vagues populaires qui l'ont précédée.

Par Mangelune - Publié dans : Littérature et bandes dessinées
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Mardi 7 décembre 2010 2 07 /12 /Déc /2010 09:39

Je me fais bien volontiers le relais d'une annonce du Festival du Cinéma Européen de Lille qui accueillera cette année encore un concours de scénarios de courts métrages.

 

Les personnes intéressées sont invitées à se rendre sur le site du festival :

http://www.filmcourt-lille.com/le-festival/le-concours-de-scenarii

 

 

Ils pourront y télécharger la fiche d'inscription et le règlement (si si ils y sont, à un moment y a un petit encadré gris à droite de la page, marqué "Concours de Scenarii") à joindre à leur scénario afin de les envoyer avant le 31 janvier 2011 à l'adresse indiquée.

 

 

L'Association Beaumarchais, l'Union Guilde des Scénaristes et Séquences7 participent également à l'événement.

Par Mangelune - Publié dans : Divers
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 18:46
En sortant de Phénomènes le dernier Shyamalan (bon film en passant), quelque chose m'a frappé : le point de vue de réalisateurs éminemment américains semble avoir évolué drastiquement au cour des dernières années, passant d'un optimisme affirmé (et souvent moqué) à une sorte de pessimisme teinté de repli sur soi, le tout dissimulé derrière un paravent de happy end amer.

Voyez ces films de Spielberg  : la Guerre des Mondes montrait une famille s'efforcer de survivre contre une invasion extra-terrestre et ne triomphait que grâce à un événement hasardeux qui ne devait finalement rien aux héros que nous avions suivi. Munich lui nous parlait d'un agent du Mossad qui finissait par abandonner sa lutte sanglante et absurde pour se consacrer exclusivement à sa propre famille. Dans chaque oeuvre, ceux qui osaient se dresser contre "l'ennemi" finissait inlassablement par mourir, et seul l'abandon et la fuite permettait la préservation.

De son côté Shyamalan dépeignait dans Le Village une communauté qui avait décidé de s'isoler des horreurs du monde réel ; l'héroïne après avoir découvert la vérité faisait le choix d'accepter ce secret et de poursuivre sa vie parmi les siens. Phénomènes va encore plus loin : la nature agressée décide de se débarrasser de l'espèce humaine ; les arbres agressant des communautés de plus en plus réduites, la famille que nous suivons doit s'isoler des autres, se replier sur elle-même, et malgré tous ces efforts ne doit la vie qu'à un heureux hasard.

Ces deux réalisateurs ont pourtant commencé sous le signe de l'optimisme : Spielberg nous parlait de fraternité dans E.T., d'espoir dans Rencontres du 3ème type et nous montrait toujours qu'un homme seul pouvait changer les choses (Indiana Jones, Schindler). Chez Schyamalan, un petit garçon aidait les morts à trouver la paix et un homme devenu invincible décidait de se faire super héros. Là était l'Amérique telle qu'elle nous faisait rire ou rêver, sur-confiante en elle-même.

Aujourd'hui il est facile de dire, et pourtant évident, que le 11 septembre mais aussi la guerre en Irak qui s'enlise, le réchauffement climatique contre lequel personne ne fait rien, les guerres inlassables entre Palestine et Israël et bien d'autres drames ont fini par erroder cette confiance, cette espérance des Américains. Même Indiana Jones fait aujourd'hui face à une explosion atomique contre laquelle il ne peut rien, anonciatrice des jours funestes ; dès lors le vieillissement et donc la mort du héros deviennent le signe que les jours heureux sont finis et que nous ne sommes devant notre écran que pour une parenthèse enchantée (qui peine à se convaincre elle-même) et non pour réaffirmer notre croyance en un avenir meilleur.

Désormais ces artistes n'ont plus d'espoir à donner aux hommes. Tout ce qu'ils parviennent à leur dire, c'est de retourner au foyer, d'aimer les leurs et d'espérer que l'orage les épargne...
Par Mangelune - Publié dans : Cinéma
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Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /Mai /2008 09:38

Le voilà sur Canal+ le fameux Scaphandre et le papillon, prix de la mise en scène à Cannes, adaptée d'un roman écrit en clignant des yeux par un homme enfermé dans son propre corps, avec Mathieu Amalric dont la performance a séduit plus d'un jury.

Un film assez nul au fond, du moins très décevant, où un réalisateur confond mise en scène expressive et épate stérile (il est pourtant Américain, hors ce sont souvent les Français voulant faire à l'américaine qui sont coutumiers de ce genre de choses). Comme cette scène de l'accident ; racontée par la victime elle-même, cela donne "la seule pensée que j'ai eu c'était qu'il allait falloir annuler la réservation pour le théâtre, qu'on y serait pas à l'heure" ; par le réalisateur ça donne un gros plan difforme sur la gueule coincée d'Amalric avec un bon gros klaxon en fond, un petit recul sur une ville de campagne aussi parce que bon ça montre le désarroi de la victime isolée et ça permet de voir un enfant courir chercher de l'aide.

Je n'évoquerai que rapidement les trois femmes du film, toutes blondes façon suédoises que j'ai confondues d'un bout à l'autre et qui jouent tant bien que mal les dialogues ampoulés du script, le grotesque de cette caméra-oeil qui fait semblant de se déplacer comme tel, le pesant de toute cette mise en scène façon "voilà ce que ça fait d'être paralysé dans son fauteuil" (ce que le livre évitait d'après ma tendre), les effets distordus de la fin où l'image commence à sauter sans raison et surtout la voix tordue du héros, étouffée et maladroite comme s'il parlait réellement avec sa bouche figée, alors qu'il ne s'agit là que de pensées incommuniquées. Je glisserai aussi rapidement sur le fait qu'il est facile de faire un film sur quelqu'un qui ne parle pas si on colle en contrepartie une voix off omniprésente (permettant d'entendre le personnage râler sur tous les cons qui l'entourent).

Ne me faites pour autant pas dire ce que je ne dis pas : j'adore les mises en scène expressives ! A condition qu'elles se justifient par l'histoire ou bien par une mécanique interne traversant l'oeuvre de bout en bout. Pas comme ici quand elles sont soit des illuminations soudaines et brèves, soit des fausses bonnes idées évidentes (et si on utilisait la caméra en tant qu'oeil du personnage ? Incroyable !). Un film largement surestimé pour moi, tout comme plus récemment There will be blood (bien que ce dernier soit tout de même vachement mieux foutu).
Par Mangelune - Publié dans : Cinéma
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Vendredi 21 mars 2008 5 21 /03 /Mars /2008 15:35
Polemic-system-copie-1.jpg
J'ai enfin pu voir Polémique système, le documentaire-vérité sur le célèbre trublion américain, j'ai nommé Michael Moore, l'homme sur lequel tout le monde a un avis bien tranché ("s'il y en avait plus des comme lui" / "je déteste ce type").

En deux mots, ce documentaire commence lorsque deux auteurs canadiens décident d'en savoir plus sur un homme qu'ils jugent sincère, brillant voire indispensable. Voulant en dresser un portrait fidèle, ils vont aller de déceptions en consternations et comprendre que Michael Moore n'est pas un modèle de vertu contrairement à ce que disent ses discours de meetings en cinéma.

Etait-il nécessaire d'attaquer cette icone de la gauche américaine ? Oui et non. Oui parce qu'il existe des personnes suffisamment naïves pour croire tout ce qu'on leur raconte, y compris à gauche, et parce que la popularité du sujet allant grandissant il est bon d'en nuancer la sainteté. Non, compte tenu de la faiblesse de la gauche, du rejet global de la politique et de l'importance cruciale du débat quand aux thèmes abordés par lui. Critiquer Michael Moore c'est donc aussi donner du grain à ceux qui n'en ont pas besoin. Le problème est également situé dans la faiblesse des éléments fournis, ou tout du moins du décalage entre leur ampleur et le ton du documentaire (on apprendrait que cet homme vend des armes aux enfants que ce serait pareil !).

On y apprend que Michael Moore déforme la vérité pour servir son propos, qu'il sort des éléments de son contexte, qu'il fait des juxtapositions hasardeuses, qu'il ment même sur des faits qu'il invente de toutes pièces. Le problème est qu'on sent cela dès qu'on voit un de ses films. On lui reproche également de se mettre trop en avant. J'y vois personnellement une forme de garde-fou ; en effet quand je vois un auteur qui se filme lui même, utilise l'humour, le dessin animé, le montage, je sais qu'il va me mentir, mon esprit critique est prêt ; là où un documentaire plus sobre, plus sérieux aurait d'avantage de facilités à me berner. Pour autant, cette distance critique ne m'empêche pas d'apprécier le ton de ses films, mais aussi de trouver qu'aux USA les armes devraient être contrôlées, la sécurité sociale gratuite, les licenciements limités...

On dit également dans ce documentaire que si la fin justifie les moyens pour Moore, alors autant dire que la CIA a raison de torturer au nom de la paix. Bush et Moore même combat ? Dur de comparer la propagande audiovisuelle gauchiste à la torture. Beaucoup d'arguments semblent disproportionnés, déformés. Comme cet homme qui a interviewé le polémiste, lui a posé des questions acerbes et a reçu dès lors des réponses sèches, et qui en a tiré la conclusion que sa victime était schizophrène et aggressives !

Tout est mélangé dans ce documentaire, on y parle tantôt du propos, des méthodes, des mensonges, mais aussi du caractère caché du personnage qui se révèle - oh mon dieu - humain et donc complexe (oui il n'est pas aussi gentil, altruiste, désintéressé qu'on le croit). Le tout avec une musique inquiétante quand nécessaire, et en utilisant la même méthode que Moore à savoir tenacité, culot, et montage manipulateur. Ou comment dénoncer quelque chose en faisant pareil, c'est beau comme un 99F tiens.

Tout n'est pas à jeter là-dedans, beaucoup de faits sont intéressants mais cela aurait pu être traité avec beaucoup plus de finesse et d'argumentation.
Par Mangelune - Publié dans : Cinéma
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