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Bienvenue sur mon blog

Je m'appelle Vivien Feasson alias Mangelune (mon nom de plume en quelques sortes).

Je suis "métiers du cinéma" de formation. Ca ne veut rien dire et c'est normal, grâce à mes études je ne peux en effet exercer aucun mêtier véritable. Disons que je suis auteur-scénariste-réalisateur en devenir, en attendant le jour où on me fera confiance.

J'aime la fiction sous toutes ses formes, du livre au cinéma en passant par la télévision, et le jeu de rôles.

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Vendredi 21 mars 2008
Polemic-system-copie-1.jpg
J'ai enfin pu voir Polémique système, le documentaire-vérité sur le célèbre trublion américain, j'ai nommé Michael Moore, l'homme sur lequel tout le monde a un avis bien tranché ("s'il y en avait plus des comme lui" / "je déteste ce type").

En deux mots, ce documentaire commence lorsque deux auteurs canadiens décident d'en savoir plus sur un homme qu'ils jugent sincère, brillant voire indispensable. Voulant en dresser un portrait fidèle, ils vont aller de déceptions en consternations et comprendre que Michael Moore n'est pas un modèle de vertu contrairement à ce que disent ses discours de meetings en cinéma.

Etait-il nécessaire d'attaquer cette icone de la gauche américaine ? Oui et non. Oui parce qu'il existe des personnes suffisamment naïves pour croire tout ce qu'on leur raconte, y compris à gauche, et parce que la popularité du sujet allant grandissant il est bon d'en nuancer la sainteté. Non, compte tenu de la faiblesse de la gauche, du rejet global de la politique et de l'importance cruciale du débat quand aux thèmes abordés par lui. Critiquer Michael Moore c'est donc aussi donner du grain à ceux qui n'en ont pas besoin. Le problème est également situé dans la faiblesse des éléments fournis, ou tout du moins du décalage entre leur ampleur et le ton du documentaire (on apprendrait que cet homme vend des armes aux enfants que ce serait pareil !).

On y apprend que Michael Moore déforme la vérité pour servir son propos, qu'il sort des éléments de son contexte, qu'il fait des juxtapositions hasardeuses, qu'il ment même sur des faits qu'il invente de toutes pièces. Le problème est qu'on sent cela dès qu'on voit un de ses films. On lui reproche également de se mettre trop en avant. J'y vois personnellement une forme de garde-fou ; en effet quand je vois un auteur qui se filme lui même, utilise l'humour, le dessin animé, le montage, je sais qu'il va me mentir, mon esprit critique est prêt ; là où un documentaire plus sobre, plus sérieux aurait d'avantage de facilités à me berner. Pour autant, cette distance critique ne m'empêche pas d'apprécier le ton de ses films, mais aussi de trouver qu'aux USA les armes devraient être contrôlées, la sécurité sociale gratuite, les licenciements limités...

On dit également dans ce documentaire que si la fin justifie les moyens pour Moore, alors autant dire que la CIA a raison de torturer au nom de la paix. Bush et Moore même combat ? Dur de comparer la propagande audiovisuelle gauchiste à la torture. Beaucoup d'arguments semblent disproportionnés, déformés. Comme cet homme qui a interviewé le polémiste, lui a posé des questions acerbes et a reçu dès lors des réponses sèches, et qui en a tiré la conclusion que sa victime était schizophrène et aggressives !

Tout est mélangé dans ce documentaire, on y parle tantôt du propos, des méthodes, des mensonges, mais aussi du caractère caché du personnage qui se révèle - oh mon dieu - humain et donc complexe (oui il n'est pas aussi gentil, altruiste, désintéressé qu'on le croit). Le tout avec une musique inquiétante quand nécessaire, et en utilisant la même méthode que Moore à savoir tenacité, culot, et montage manipulateur. Ou comment dénoncer quelque chose en faisant pareil, c'est beau comme un 99F tiens.

Tout n'est pas à jeter là-dedans, beaucoup de faits sont intéressants mais cela aurait pu être traité avec beaucoup plus de finesse et d'argumentation.
par Mangelune publié dans : Cinéma
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Mercredi 5 mars 2008
Le 4 mars, à presque 70 ans, est mort Gary Gygax chez lui dans le Wisconsin.

Une nouvelle touchante quand même, symbolique même. Le vieux monsieur avait créé Donjons & Dragons dans les années 70 et était par là l'initiateur du jeu de rôle quelles que soient ses évolutions.

C'est plaisant de voir des articles sur des sites comme Le monde ou Libération, c'est une façon de voir que même si cet excellent loisir n'est pas encore au top de la popularité, les années de chasse aux sorcières sont loin derrière.

Salut l'artiste donc, comme on dit.
par Mangelune publié dans : Divers
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Vendredi 15 février 2008
A quoi ressemble-t-il cet auteur idéal, ce personnage dont tout indique qu'il sera le prochain grand nom du monde audiovisuel ?

1. Un bon auteur est aussi réalisateur
Pas d'artiste partiel, le réalisateur est L'Auteur de l'oeuvre. Il est donc légitime de conclure que les autres ne le sont pas. L'auteur-réalisateur (pléonasme s'il en est) dirige une grande équipe de techniciens, il est celui qui a la vista comme dirait notre cher Raffarin, le leader, le garant de l'unité et de l'artistique. Le technicien, lui, râle souvent devant les idées novatrices de l'artiste, cela parce qu'il n'a pas cette vision céleste réservée à un seul être sur le plateau et au delà.

2. Un bon auteur est quelqu'un qui a un point de vue sur le monde
Donc du recul. Impossible de réfléchir sur quelque chose sans prendre du recul par rapport à cette chose. Pour que l'auteur puisse prendre ce nécessaire recul sur la vie, il doit en quelques sortes se situer un pas en arrière de l'existence, contempler ses contemporains d'en haut (ou de derrière). De toutes façons, une personne qui profite pleinement de la vie n'a pas besoin d'écrire. Elle n'en a pas le temps. Ecrire c'est faire une pause sur la vie, c'est effectuer une retraite plus ou moins complète.

3. Un bon auteur est quelqu'un qui sait parler de sa vision
Il lui faut donc du recul par rapport à ce qu'il fait. Comment expliquer à d'autres ses convictions si on est la tête dans ses propres délires ? Un pas en arrière donc par rapport à son travail, deux pas en arrière dès lors par rapport au monde. Ca commence à faire loin. Les études permettent d'obtenir les outils pour décrypter la vie, voire pour analyser les visions de la vie. Dommage qu'elles prennent tellement de temps sur la vie elle-même, mais aussi sur la création...

4. Un bon auteur est quelqu'un qui sait à qui et comment parler
Evidemment. Prendre du recul c'est bien joli mais si on ne trouve personne pour faire du projet une oeuvre, si on ne sait pas comment trouver un producteur et donc de l'argent, on reste anonyme voire inexistant. L'arbre qui tombe dans la forêt sans personne pour l'entendre fait-il du bruit ? demande le proverbe... L'auteur doit donc connaître du monde, du beau monde, il doit savoir se vendre, démarcher, causer, convaincre. Pour cela il faut faire partie de la vie, être un animal social, une vraie bête du dialogue. Il doit avoir du charisme, du bagoût, être un séducteur. Pour réussir il lui faut plein d'amis. On revient deux pas en avant d'un coup.

5.  Un bon auteur est un menteur ou un fou
Eh oui. Parce que défendre son point de vue contre celui de tous les autres, oser prétendre qu'on est tellement génial qu'il est indispensable de nous confier des fortunes demande une irresponsabilité infinie. Comme tout être humain croit qu'il est seul à compter vraiment dans le monde, l'auteur est seul avec une poignée d'élus à mériter d'être vu. S'il a l'âme plus modeste, il se ment à lui-même en évitant de penser à ceux qu'il écrase en montant. 

En résumé, un bon auteur est un être totalement cinglé et schizophrène qui a besoin pour son art d'avoir déjà vécu trois vies d'homme. Si vous en connaissez un, fuyez, il n'est sans doute plus humain depuis longtemps (peut-être mange-t-il des foies humains pour vivre plus longtemps ?). S'il ne remplit pas toutes ces conditions, soutenez-le autant que possible parce qu'il risque de ne pas connaître la gloire de son vivant !
par Mangelune publié dans : Cinéma
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Dimanche 27 janvier 2008
Je n'aimerais pas être journaliste en France aujourd'hui. Enfin si, c'est un métier qui m'attire, mais si je l'étais je me sentirais assez mal devant les charges permanentes que subit la profession, principalement pour tout ce qui touche à la politique intérieure.

Jamais le gouvernement ne m'a paru si décontracté face au fourmillement de ces gêneurs. Désormais, la moindre question pénible est balayée comme "stupide", "n'intéressant pas les Français" (oui ce fameux monobloc Français que tout le monde s'approprie). On donne dans le "si ça vous amuse de croire ça", dans le "heureusement que tout le monde ne pense pas comme vous". Une blague et on repart, le journaliste n'est plus le porte parole de quoi que ce soit mais le bouffon venu mettre en valeur la spiritualité de l'homme politique (tant que ce dernier est au pouvoir, donc courtisé ; les membres de l'opposition sont en effet plus sérieux car en demande de temps de parole).

On assiste au déploiement d'un véritable cercle vicieux du journalisme. D'un côté un développement de l'aspect paillettes de la politique, habituellement réservé au star system. Mettez cela en parallèle avec la concurrence des journaux télévisés en termes d'audience, qui entraîne un besoin de documents chocs faisant appel non au cerveau du spectateur (ou organe chiant) mais à son coeur (ou organe glamour).  Le journaliste n'est donc plus là pour décrypter l'information mais pour relayer les rumeurs, faire l'écho des querelles, des divorces et des mariages. Dès lors, le journaliste cesse d'être un spécialiste, un intellectuel pour devenir un voyeur. En tant que tel, il n'est plus respectable, ce qui permet au politique de le rabrouer aussi souvent que possible (en effet l'homme politique qui se prête au jeu du voyeurisme nie vouloir une telle situation et garde donc une certaine probité de façade).

Ajoutez en périphérie le rachat de la plupart des journaux  par de grands groupes industriels (quand bien même la rédaction demeurerait indépendante), et les coups de butoir permanents des organes satyriques (les Guignols de l'Info assimilent par exemple information télévisée et presse papier dans un grand groupe uniforme, les renvoyant dos à dos par manque de clarté), et vous comprendrez que les choses vont assez mal.

Il est donc temps de différencier journaux soumis à la sentimentalisation et journaux réflexifs, de s'indigner devant le comportement méprisant de nos gouvernants à l'égard de la presse, et donc de ne pas sombrer d'avantage dans l'apathie intellectuelle que voudrait nous imposer un pan de notre société. Les faits divers ne sont pas des informations primordiales, la vie privée de nos dirigeants est intéressante sociologiquement mais ne constitue pas une donnée essentielle, et les débats de société sont plus faciles à suivre à 20h30 qu'à 1h du matin.
par Mangelune publié dans : Politique
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Mardi 22 janvier 2008
Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ? de Pierre Bayard. Ou comment écrire un livre sur l'acte ne non-lire des livres. La première fois que j'en avais entendu parler, j'avais pris cela pour une espèce de brûlot à la gloire de l'inculture, une revendication de la bêtise et de la vanité. Cet ouvrage est en fait tout le contraire, une ode à la création, élégamment écrite et, paradoxalement, peuplée de références littéraires.

Le plus intéressant ici est la façon dont l'auteur remet l'acte de lecture en perspective. Peut-on vraiment prétendre avoir lu un seul livre, quand nous sommes avant l'acte influencés par sa réputation, notre personnalité, pendant l'acte par les événéments extérieurs et notre culture, après l'acte par le travail d'oubli que notre mémoire imparfaite effectue ou le poids des avis extérieurs ? Lorsqu'un livre a totalement disparu de nos mémoires des années plus tard, peut-on encore prétendre l'avoir lu ?

Tout ne doit pas être pris au pied de la lettre bien sûr, le but est moins de décourager la lecture que d'aller à l'encontre des poncifs traditionnels en ce domaine. Pour nous autres qui ne fréquentons par les milieux littéraires et universitaires, il importe moins de savoir parler d'un livre inconnu que d'envisager un nouveau rapport à lui : nous ne pouvons prétendre avoir lu tous les classiques et ne possédons même pas une connaissance objective de ceux que nous avons lus ; il est tout à fait louable de ne pas finir un livre, et le parcourir n'est pas un acte stérile ou pis une hérésie. Sous cet angle, l'oeuvre en elle-même compte moins que ce que nous nous sommes appropriés à travers elle, ce que nous y avons lu.

Ainsi, pour pouvoir se tourner en toute quiétude vers notre propre vision des livres lus, il nous est nécessaire de les aborder de façon plus légère, de les désacraliser au profit de notre subjectivité. Combien d'artistes cessent-ils de s'intéresser aux oeuvres des autres pour ne pas se perdre dans des pensées étrangères ? Se laisser engloutir par un livre, c'est risquer d'être aveugle à sa propre créativité.

Le livre de Pierre Bayard n'est pas une oeuvre vaine ou une offrande à la culture générale, celle qui n'a pour but que de briller en société à partir d'un vernis de connaissances. Il remet simplement le lecteur à la place d'honneur, et fait de la non-lecture un acte culturel.
par Mangelune publié dans : Divers
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